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La
question :
Quel est le jugement porté sur le commerce des
papiers-monnaies ?
La
réponse :
Louange à Allah, Maître des Mondes; et paix et salut sur celui qu'Allah ÚÒø æÌáø a
envoyé comme miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons
et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection. Ceci
dit :
Sachez que les papiers-monnaies,
tels que l'or et l'argent, ont la même cause d’illicéité qui se rapporte à Eth-Thamania. Par ailleurs, les monnaies
n'ont pas une valeur spécifique et désirée; leur valeur est plutôt relative et elles
ne constituent aucune fin en elles-mêmes. Abou Hâmid El-Ghazâli –ÑÍãå
Çááå- a dit : «
… et quiconque effectue une opération usuraire sur les dirhams et les dinars se déclare ingrat envers le
bienfait divin et commet de l'injustice. En effet, ces deux unités monétaires
sont créées pour être un outil et non pas une fin, car elles ne constituent
aucun objet voulu en elles-mêmes. Donc, si la personne ferait de ces monnaies un
sujet de commerce, elle les aurait, alors, prises pour une fin ; et cela,
certes, contredit l'objectif pour lequel elles sont établies ».
Par conséquent, les
monnaies sont une unité de mesure par laquelle on évalue les biens. De plus,
elles ne sont pas voulues en elles-mêmes; mais elles représentent, plutôt, un moyen
qui permet à la personne d'acquérir des marchandises et de subvenir à ses
besoins. Elles rentrent, alors, dans l'ensemble des moyens utilisés pour
atteindre les objectifs, et elles ne sont pas profitables en elles-mêmes. Dans
ce sens, Ibn Taymia –ÑÍãå Çááå- dit : « L'objectif des pièces monétaires est qu'elles
soient une unité de mesure par laquelle on connaît la valeur des biens, et non
pas qu'elles soient profitables en elles-mêmes. Donc, lorsque l'on fait la
vente et l'achat de ces pièces monétaires en fixant un délai, ce serait alors
du commerce qui contredit l’objectif d'Eth-Thamania ».
Sur ce, le fait de
faire de ce qui est fixé comme prix pour les marchandises un sujet de commerce est,
certes, un écartement de la raison pour laquelle les monnaies sont établies. De
plus, ceci nuit aux gens et compromet leurs transactions. Dans ce cas « La
nuisance doit être écartée » comme il est établi dans les règles de la
jurisprudence, et conformément à ce qu’a dit le Prophète Õáøì
Çááå Úáíå æÂáå æÓáøã
: « Pas de nuisance, ni à soi-même ni à autrui ». Ibn El-Qayyim –ÑÍãå
Çááå- a dit en
mentionnant les préjudices que peut causer un tel commerce : « Il
–c’est-à-dire le gouvernant- doit interdire ce qui corrompt et altère l’argent
des gens. Comme il doit interdire de faire de l’argent un sujet de commerce,
car cela porte une si grande atteinte aux gens que Seul Allah ÚÒø
æÌáø connaît. L’argent
doit, plutôt, être utilisé comme des capitaux dans le commerce, et non pas être
un sujet de commerce. Du reste, quand le Sultan (le gouvernant) interdit
une unité monétaire, celle-ci doit être écartée, afin qu’elle ne se mélange pas
avec celle qui est autorisée dans les transactions ».
Quant aux autres
variétés usuraires citées dans le hadith qui est rapporté par `Oubâda Ibn
Es-Sâmit tels que le blé, l’orge, les dattes, le sel et tout ce qui se rapporte
à ces variétés ; il est permis d’en faire du commerce puisqu’elles ne sont
pas des unités monétaires. Elles représentent, par contre, de la marchandise,
et il est permis d’en profiter, contrairement aux unités monétaires qui sont
autorisées d’être utilisées comme un moyen dans le commerce, et sont interdites
d’être un sujet de commerce dans les opérations de change sauf dans les limites
du besoin, et à condition que la transaction soit faite dans la même réunion si
les espèces
sont différentes, et à condition que le change se fait selon le cours du jour
même, à savoir le cours qui est communément reconnu.
Le savoir parfait appartient à Allah ÚÒø
æÌáø, et
notre dernière invocation est qu'Allah, Seigneur des Mondes, soit Loué et que
prière et salut soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa Famille,
ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.
Alger le 17 Dhou El-Hidjah
1426 H
Correspondant au 17 janvier
2006 G
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