Louange à Allah, Maître des Mondes; que Ses
éloges et Son salut soient pour celui qu'Il a envoyé en miséricorde pour le
monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au
Jour de la Rétribution. Ceci dit :
La religion a, certes, encouragé la pratique
du Waqf et l'a recommandée, elle en a fait un acte qui permet de se
rapprocher d'Allah ÚÒøó æÌáøó, dont le croyant trouvera une part de la
récompense dans sa vie présente et qui lui assurera des bonnes actions à son actif
après sa mort. Cette œuvre fait, en effet, partie des actes de l'être humain et
de ses efforts ; le prophète Õáøóì Çááåõ Úáíå æÂáå
æÓóáøóã dit : « Lorsque
l'être humain meurt, ses actes sont interrompus, à l'exception de trois choses :
une aumône courante, un savoir dont on profite et un enfant vertueux qui prie
pour lui ». Ce hadith ne contredit pas la parole d'Allah ÚÒøó æÌáøó:
﴿æóÃóäú áóíúÓó
áöáÅöäúÓóÇäö ÅöáÇøó ãóÇ ÓóÚóì﴾ [ÇáäÌã: 39].
Traduction du sens du verset :
﴾et qu’en vérité, l'être humain ne récoltera que [le fruit] de ses
efforts﴿ [An-Nadjm (L’Étoile) :
39], car l'enfant d'une personne, ce qu'elle laisse comme savoir et comme
aumône courante font tous partie de ses efforts.
Aussi, ces bonnes actions ne sont pas limitées
à ce qui est cité dans ce hadith, qui ne fait que donner des exemples de nobles
qualités et de différentes sortes d’actes de piété et de bienfaisance, qui sont
en fait plus nombreuses que cela. On peut retirer ce point de la parole du
prophète Õáøóì Çááåõ Úáíå æÂáå æÓóáøóã: « Parmi les actes et les bonnes actions
de l'être humain qui le rejoindront après sa mort : un savoir qu'il a enseigné
et répandu, un enfant vertueux qu'il a laissé, un exemplaire du Coran qu'il
laisse en héritage, une mosquée qu'il a construite, une demeure qu'il a construite
pour les voyageurs, un courant d'eau qu'il a fait couler, ou une aumône qu'il a
puisée dans ses biens alors qu'il était vivant et en bonne santé; tout cela le
rejoindra après sa mort ». Et
les membres de notre communauté n'ont cessé, jusqu'à nos jours, de puiser dans
leurs biens pour faire du Waqf.
La personne qui fait un Waqf a le droit
d'en disposer, si elle fait un Waqf d’un bien fixe et précis dans un
domaine de bien, comme les mosquées, les écoles coraniques, les exemplaires du
Coran ou les livres contenant le savoir bénéfique. Il est alors obligatoire de
mettre en application les conditions que cette personne a émises, sauf si elles
sont en contradiction avec la Charia, car le prophète Õáøóì Çááåõ Úáíå
æÂáå æÓóáøóã dit
: « Les musulmans s'attachent aux conditions qu'ils posent, à moins qu’elles
ne soient des conditions qui interdisent une chose licite ou permettent une
chose interdite »; il dit aussi : « toute condition qui n'est pas dans le livre
d'Allah est nulle... ».
Si le Waqf est une mosquée, sa gestion
revient au gouvernant ou à son suppléant et il lui est interdit de vendre le Waqf,
de le donner, de le distribuer en héritage ou de l’employer dans toute autre forme
de transfert de propriété. Le prophète Õáøóì Çááåõ Úáíå æÂáå
æÓóáøóã dit à `Omar,
en parlant du Waqf : « Si tu le désires, fais que la propriété
originelle soit un Waqf et donne [ce qu’elle produit] en aumône »
; `Omar fit alors aumône [de sa production], à condition qu'on ne vende pas la
propriété originelle, qu'on ne la donne pas et que personne n'en hérite ». Tout cela est vrai tant que l'utilité du Waqf ne disparaît pas
complètement, comme le cas d'une mosquée en ruines, qu'il est permis de changer
pour un intérêt prédominant. On peut alors vendre cette mosquée et dépenser son
prix dans son équivalent : c'est-à-dire une mosquée plus utile pour les gens du
pays. De même, si la somme gagnée dans sa vente est supérieure à ce dont on a
besoin, le surplus sera dépensé pour une autre mosquée.
En effet, dépenser le prix du Waqf dans
son équivalent revient à en profiter dans le domaine dans lequel le Waqf
a été fait. Pour affirmer cela, Ibn Taymia ÑÍãå Çááå dit
à propos du Waqf dont le prix est excédent : « Il doit être dépensé
dans un domaine semblable, comme dans le cas de la mosquée, si son prix excède
le montant requis pour s'en occuper, on le dépense dans une autre mosquée. Et
ce, car la personne qui a fait le Waqf visait un domaine précis et le
domaine est le même. Si, par exemple, la première mosquée s’est dégradée de
sorte à ce que plus personne n'en profite, il faudrait dépenser son prix dans
une autre mosquée. De même que si son prix excède le montant qu'elle nécessite
[pour la bâtir et l'entretenir], l'excédent ne peut être dépensé pour elle et
on ne peut non plus le bloquer sans en profiter. Le dépenser dans le domaine
souhaité est donc la meilleure chose à faire et la plus proche de l'objectif de
la personne qui fait le Waqf ». Il
est également permis de faire don aux nécessiteux du surplus de la rente du Waqf
de la mosquée, c'est même obligatoire si l'on sait que le Waqf ne durera
pas, car le fait de laisser l'excédent du prix du Waqf sans en profiter
est un gâchis et une perte, et le
prophète Õáøóì Çááåõ Úáíå æÂáå æÓóáøóã a interdit de gâcher les biens.
Remarquons aussi que les œuvres Waqf de
bienfaisance sont mises sous la bonne garde des gérants qui en sont responsables.
Ceux-ci doivent donc craindre Allah vis-à-vis de ces biens Waqf, les préserver
et gérer de la meilleur façon ce dont ils ont pris la responsabilité, par
honnêteté et en prodiguant tout ce qui est en leur pouvoir. Ils concrétiseront
ainsi l'objectif de la personne qui a fait le Waqf, qui est de se
rapprocher d'Allah ÚÒøó æÌáøó par la bienfaisance et par toutes sortes d'actes
d'obéissance. Pour cela, il est interdit au responsable du Waqf d'en
changer ou d'en détourner une partie ou une utilité pour des domaines
contradictoires aux commandements de la piété. Il est ainsi interdit de changer
le Waqf pour en faire un lieu de culte des mécréants, ou d'y construire
des mausolées et des objets de culte, d'enterrer des morts dans les mosquées,
ou dans leurs cours et esplanades, ou de donner les revenus du Waqf aux
gardiens des mausolées et des koubbas, ou pour les illuminer, les couvrir de
tissus et les encenser.
Il est également interdit de réserver une
partie du Waqf pour y placer des représentations et des monuments,
commémoratifs ou non, d'élever des images sur le Waqf ou sur les
endroits réservés. De même que de les consacrer aux distractions, aux péchés et
à toute autre chose qui s'oppose au monothéisme ou à son perfectionnement et
qui contredit la piété et la crainte d'Allah ÚÒøó æÌáøó. Tout cela est inclus dans
la modification interdite, et le fait de s'entraider en cela relève du péché et
de la transgression qu'Allah ÚÒøó æÌáøó a interdits en disant :
﴿æóÊóÚóÇæóäõæÇ
Úóáóì ÇáúÈöÑøö æóÇáÊøóÞúæóì æóáÇó ÊóÚóÇæóäõæÇ Úóáóì ÇáÅöËúãö æóÇáÚõÏúæóÇäö﴾
[ÇáãÇÆÏÉ: 2].
Traduction du sens du verset :
﴾Entraidez-vous dans l'accomplissement des bonnes œuvres et de la piété
et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression﴿ [Al-Mâ’ida (La Table servie) : 2].
Le savoir parfait appartient à Allah ÚÒøó
æÌáøó, et notre
dernière invocation est qu'Allah, Seigneur des Mondes, soit Loué et que paix et
salut soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa Famille, ses
Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Rétribution.
Alger, le 20 Chawwâl 1432 H
Correspondant au 18 septembre 2011 G