Le jugement du fait d’obéir à un père qui oblige son enfant à vendre des cigarettes et un conseil pour celui-ci | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Dimanche 23 Rajab 1442 H - 07 mars 2021 G

Fatwa n° 306
Catégorie :
Fatwas diverses – L’éthique

Le jugement du fait d’obéir à un père
qui oblige son enfant à vendre des cigarettes
et un conseil pour celui-ci

Question :

Je suis un jeune attaché à la religion qui travaille dans un magasin d’alimentation générale. Le tabac fait partie des produits que je vends et mon père m’oblige à vendre des cigarettes, alors que je suis convaincu qu’il est interdit d’en vendre, mais mon père, lui, n’en est pas convaincu. Que me conseillez-vous ? Dois-je continuer à travailler avec mon père et avez-vous un conseil à lui faire? Qu’Allâh vous bénisse.

 

Réponse :

Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh a envoyé comme miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

Aucune divergence n’existe chez les savants et chez les médecins quant au caractère nuisible du tabac et ses effets néfastes sur la santé et l’environnement. Aussi, ce qui cause une nuisance est interdit, car le Prophète صلَّى الله عليه وآله وسلَّم a dit: « Point de nuisance, ni à soi-même ni à autrui. »(1) Les savants sont unanimes à ce sujet, bien qu’auparavant il fût répandu de dire que le tabac est seulement détestable. Après que l’on ait eu connaissance de son réel danger et du fait qu’il provoque le cancer et la tuberculose et autre maladie, il fut établi que le tabac fait partie des « khabâith », les choses mauvaises qu’il est interdit de consommer et de vendre, même si les gains tirés de sa vente étaient importants. À partir de là, il est interdit de s’entraider avec autrui dans ce domaine, puisque cela comporte un péché et une transgression et Allâh dit :

﴿وَتَعَاوَنُوا عَلَى البرِّ وَالتَّقْوَى وَلاَ تَعَاوَنُوا عَلَى الإِثْمِ وَالعُدْوَانِ [المائدة: 2]

Sens du verset :

Entraidez vous dans la piété et la crainte d’Allâh et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression﴿ [s. Al-Mâ’ida (la Table Service) : v. 2] Ainsi, tu n’as pas à obéir à ton père dans ce qu’il t’ordonne, car le Prophète صلَّى الله عليه وآله وسلَّم a dit: « L’obéissance n’est que dans le convenable »(2) et il صلَّى الله عليه وآله وسلَّم a dit également: « On n’obéit pas à une créature dans ce qui est une désobéissance au Créateur. »(3)

Le père, quant à lui, se doit de craindre Allâh vis-à-vis de ses biens, de sa personne et de ses enfants. Il est dit dans un hadith: « Quiconque gagne de l’argent au moyen du péché, puis, par cet argent, lie un lien de parenté, fait une aumône ou dépense dans le chemin d’Allâh, tout cela lui sera rassemblé et jeté avec lui en enfer. »(4)

Le père doit s’efforcer de dépenser pour ses enfants de l’argent licite, car l’argent illicite est du « Souht », de l’argent sale et ce qui relève du Souht est destiné au feu. Il doit s’entraider avec ses fils dans la piété et la crainte d’Allâh, les encourager au bien, accepter de leur part tout conseil qui l’aide à se rapprocher d’Allâh. Il lui est interdit d’être hautain face à la vérité, il doit plutôt en être satisfait et s’y soumettre, car Allâh dit:

﴿فَلاَ وَرَبِّكَ لاَ يُؤْمِنُونَ حَتَّىَ يُحَكِّمُوكَ فِيمَا شَجَرَ بَيْنَهُمْ ثُمَّ لاَ يَجِدُوا فِي أَنْفُسِهِمْ حَرَجًا مِمَّا قَضَيْتَ وَيُسَلِّمُوا تَسْلِيمًا [النساء: 65]

Sens du verset :

Par ton Seigneur, ils n’auront la foi que lorsqu’ils te prendront comme juge dans leurs différends, puis qu’ils ne trouvent aucune gêne en eux-mêmes pour ce que tu auras décrété et qu’ils s’y soumettent complètement﴿ [s. An-Nişâ (les Femmes) : v. 65]. Se soumettre au décret et aux jugements d’Allâh compte parmi les qualités des gens de la foi et des gens de la piété et du scrupule, qui défendent la vertu et s’attachent à la Sounnah. Sois donc comme ceux-là et tu gagneras d’être accepté ici bas et dans l’au-delà et tu gagneras de l’argent licite, comme Allâh le dit:

﴿مَنْ عَمِلَ صَالِحًا مِن ذَكَرٍ أَوْ أُنثَى وَهُوَ مُؤْمِنٌ فَلَنُحْيِيَنَّهُ حَيَاةً طَيِّبَةً وَلَنَجْزِيَنَّهُمْ أَجْرَهُمْ بِأَحْسَنِ مَا كَانُوا يَعْمَلُونَ [النحل: 97]

Sens du verset :

Quiconque, homme ou femme, fait de bonnes œuvres, nous lui ferons vivre une bonne vie et nous les récompenserons selon le meilleur de leurs œuvres﴿ [s. An-Nahl : v. 97]. La bonne vie, c’est l’argent et les biens licites et une part licite, (et nous les récompenserons...) : ceci concerne l’au-delà. Tel est l’objectif du musulman dont le plus grand souhait est d’entrer au Paradis après avoir reçu la satisfaction d’Allâh.

Nous demandons à Allâh, pour nous et pour vous, la sincérité et la véracité dans les paroles et les actes, Sa satisfaction – qu’Il soit Majestueux et Très-Haut – pour toutes nos œuvres et qu’il nous pardonne ce qui précède. Il est le Maître de cela et en Capable.

Le savoir parfait appartient à Allâh, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. 

Alger, le 8 de Ramadân 1426 H,
correspondant au 11 octobre 2005 G.

 


(1) Rapporté par Ibn Mâjah (2340), d'après ‘Oubâda ibn As-Sâmit ; jugé sahîh (authentique) par Al-Albanî dans Al-Irwâ’ (896) et Ghâyat Al-Marâm (68).

(2) Rapporté par : Al-Boukhârî (7145) et Mouslim (1840), d’après ‘Alî ibn Abi Tâlib رضي الله عنه.

(3) Rapporté par Ahmad (1095), d’après ‘Ali ibn Abî Tâlib et jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans Sahîh Al-Djami‘ (7520).

(4) Rapporté par Aboû Dâwoûd (233), d’après Al-Qâsim ibn Moukhaymira رضي الله عنه; jugé haşane (bon) par Al-Albâni dans Sahîh At-Targhîb Wa At-Tarhîb (1721).