La norme relative aux photos (images) qui empêchent l’entrée des Anges à la maison | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Jeudi 17 Rabî` Eth-Thânî 1442 H - 03 décembre 2020 G

Fatwa n° 361
Catégorie :
Fatwas diverses

La norme relative aux photos (images)
qui empêchent l’entrée des Anges à la maison

Question :

Allâh تعالى a dit :

﴿سَوَآءٞ مِّنكُم مَّنۡ أَسَرَّ ٱلۡقَوۡلَ وَمَن جَهَرَ بِهِۦ وَمَنۡ هُوَ مُسۡتَخۡفِۢ بِٱلَّيۡلِ وَسَارِبُۢ بِٱلنَّهَارِ ١٠ لَهُۥ مُعَقِّبَٰتٞ مِّنۢ بَيۡنِ يَدَيۡهِ وَمِنۡ خَلۡفِهِۦ يَحۡفَظُونَهُۥ مِنۡ أَمۡرِ ٱللَّهِ[الرعد: 10 ـ 11]

Sens du verset :

Sont égaux pour lui, celui parmi vous qui tient secrète sa parole, et celui qui la divulgue, celui qui se cache la nuit comme celui qui se montre au grand jour. Il (l’homme) a par devant lui et derrière lui des Anges qui se relaient et qui veillent sur lui par ordre d’Allâh.﴿[s. Ar-Ra‘d (le Tonnerre : v. 10-11] et a dit aussi :

﴿عَلَيۡهَا مَلَٰٓئِكَةٌ غِلَاظٞ شِدَادٞ لَّا يَعۡصُونَ ٱللَّهَ مَآ أَمَرَهُمۡ وَيَفۡعَلُونَ مَا يُؤۡمَرُونَ ٦[التحريم]

Sens du verset :

Surveillé par des Anges rudes, durs, ne désobéissent jamais à Allâh en ce qu’Il leur commande, et faisant strictement ce qu’on leur ordonne. ﴿[At-Tahrîm (l’Interdiction) : v. 6]

Aboû Talha رضي الله عنه rapporte que le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « Les Anges n’entrent pas dans une demeure où se trouve une effigie. »(1) Et le hadith recueilli par Al-Boukhârî qui dit : ‘Â’icha rapporte que le Messager d’Allâh صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « Les auteurs de ces images seront châtiés le Jour de la Résurrection. On leur dira : Donnez vie à ce que vous avez créé. Et certes les Anges n’entrent pas dans une maison où il y a des images. »(2)

Nos savants ont dit : illustrer l’image de l’animal est formellement interdit. Cet acte est considéré comme un péché majeur, car il implique une dure menace [de châtiment] mentionnée précédemment dans le hadith. Que cette représentation soit faite avec un objet de pacotille ou autre, ce métier est illicite quel que soit le cas, car il est un acte qui concurrence la création divine.

Ils ont aussi dit : la cause interdisant aux Anges d’entrer à l’intérieur des maisons où il y a des représentations ou un chien, est que cela est un acte de désobéissance et une turpitude. C’est pourquoi le propriétaire qui a fait cela est frappé d’une punition : il est privé du fait que les Anges entrent à sa maison, privé de leur demande de pardon, privé de leurs bénédictions, sur lui et chez lui, et privé du fait qu’ils repoussent de lui le mal des démons.

Ici, le sens des Anges – même s’il est cité dans un contexte de généralité – est compris dans sa portée spécifique, et qui sont les Anges de la miséricorde. En revanche, les Anges gardiens(3) sont omniprésents avec l’homme, ne le quittent pas dans toutes les situations, car ils sont commandés à dénombrer et à enregistrer ses actions. 

Les savants n’ont pas aussi divergés pour interdire les représentations qui ont une ombre ou non, ou entre le fait qu’elles soient peintes ou sculptées ou gravées ou tricotées, sauf les cas exceptionnels indiqués par la preuve textuelle, comme les poupées pour filles [ou les représentations offensées]. Ce qu’entend par « maison », citée dans les hadiths, tel qu’expliqué par les commentateurs : est le lieu ou réside une personne. Que ce lieu soit une construction ou une tente ou autre. D’après le critère avancé par cette explication absolue du terme « maison », les mosquées sont-elles incluses dans ce critère, puisqu’elles sont elles aussi des maisons ?

Ce faisant, les Anges sont-ils interdits d’entrer aux maisons d’Allâh تعالى puisque ces hadiths sont d’une portée absolue ? Car il arrive que ce genre de représentations soit introduit dans la mosquée par des personnes portant des habits, des sacs ou des valises où sont dessinées des formes brodées.

Les mosquées sont un lieu de sérénité et de recueil, construites pour le rappel, la prière et la lecture du Coran. Elles sont ainsi le lieu le plus aimé d’Allâh – qu’Il soit Très-Haut –. Le Compagnon ‘Alî رضي الله عنه a dit : « Les mosquées sont les assises des Prophètes. » et Al-Khoûlânîرحمه الله  a dit aussi : « Les mosquées sont les assises des nobles personnes. »

Si vous répondez que cela est interdit, quel est l’aspect permettant de mettre en conformité [cette interdiction] et les Textes citant la présence des Anges aux assises scientifiques, aux cercles de rappel, entourant par leurs ailes ceux qui y sont présents ? Comment expliquer aussi que ces Anges enregistrent les personnes présentes à la prière du vendredi ? Qu’ils circulent entre nous, qu’ils se réunissent ave les prieurs lors de la salât du ‘Asr et celle du Fadjr, qu’ils descendent lorsque le croyant lit le Coran ? Alors que toutes ces œuvres sont pratiquées dans nos mosquées. 

Ces questions sont empreintes d’ambiguïté et d’imprécision, c’est pourquoi nous les posons à notre vertueux professeur Abî ‘Abd Al Mou‘izz ‘Alî Ferkoûs afin qu’il dissipe d’elle la confusion par son explication et ses réponses.

Je termine par ce hadith : d’après Aboû Oumâma Al-Bâhilî رضي الله عنه le Messager d’Allâh صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « Certes, Allâh et Ses Anges, ainsi que ceux qui occupent les cieux et les terres, et même la fourmi dans son trou et le poisson invoquent [Allâh] en faveur de celui qui enseigne le bien aux gens. »(4) Qu’Allâh vous rétribue de la meilleure façon.

Réponse :

Votre question montre que la portée générale du refus des Anges de s’introduire dans une maison où il y a des représentations, attesté par le hadith, est spécifique aux Anges qui parcourent en portant la miséricorde, la bénédiction et l’absolution [des péchés]. Ce Texte à caractère général n’englobe pas les nobles Anges gardiens [qui écrivent les actes], car leur tâche consiste spécifiquement à dénombrer et à enregistrer les œuvres des humains. Cette catégorie d’Anges ne se sépare point des hommes. Certains savants ont mentionné que l’attachement de ces Anges à l’homme est également spécifié en le quittant quand il fait ses rapports intimes et quand il entre aux toilettes. J’ajoute à cela que l’Ange de la mort et ses auxiliaires ne sont pas inclus dans le caractère général du hadith. Ni les représentations ni autres choses citées dans le hadith ne les empêchent d’arracher les âmes quand le terme de leur existence prescrite est arrivé. Ainsi, cette portée générale est celle par laquelle on entend un cas spécifique. 

Cela concerne ce qui relève des Anges. En revanche, les représentations ne sont pas aussi visées par la portée générale du hadith, suite à l’existence d’un ensemble d’indices affirmant cela, et parmi lesquels : le fait que le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم approuva chez lui les jouets de ‘Â’icha(5)رضي الله عنها(6) Il y a aussi le hadith rapporté par Al-Boukhârî d’après Anas رضي الله عنه qui a dit : ‘Â’icha avait une étoffe de drap par quoi elle couvrit une partie de sa maison. Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم lui dit alors : « Enlève-moi ton étoffe-ci, car ses représentations se présentent toujours à moi lors de ma prière. »(7) Parmi cela aussi, il y a le signe fait par l’Ange Djibrîl – salut sur lui – [au Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم] de couper la tête de la représentation ou de la mettre comme oreillers qu’on offense, après qu’il eût refusé d’entrer[8] ; et aussi le rideau suspendu sur la porte de la maison de ‘Â’icha – qu’Allâh l’agrée – et que le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم déchira ; elle en confectionne un oreiller portant une représentation et sur lequel le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم s’étendit(9).

En sachant cela, il devient clair que la portée générale de l’interdiction est limitée aux représentations dont l’utilisation est religieusement illicite. Ce sont celles qui gardent leur statut magnifié, sans qu’elles soient ni offensées ni usées. Cela est appuyé par deux hadiths rapportés par Al-Boukhârî et Mouslim d’après Bousr ibn Sa‘îd d’après Zayd ibn Khâlid Al-Djouhanî d’après Aboû Talha dans lequel le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم dit : « Les Anges n’entrent pas dans une demeure où se trouve une effigie … excepté un motif sur un tissu. »(10) Et le second hadith est recueilli par Al-Boukhârî d’après Bousr, selon Zayd qu’Aboû Talha rapporte que le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « Certes, les Anges n’entrent dans une demeure où se trouve une effigie. » Bousr dit : après cela, Zayd se plaignit [d’une maladie], nous lui fîmes une visite et trouvâmes, suspendu sur sa porte, un rideau illustré ; il dit : je dis à ‘Oubayd Allâh Al-Khawlânî, beau-fils de Maymoûna, l’épouse du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم : « Zayd nous a-t-il informé à propos des représentations le premier jour ? » ‘Oubayd Allâh dit alors : « Ne l’as-tu entendu quand il a dit : “ excepté un motif sur un tissu.” »(11) An-Nawawî رحمه الله a dit dans son livre Charh Sahîh Mouslim : « Al-Khattâbî a dit : Les Anges n’entrent pas une maison où il y a un chien ou une représentation qu’il est interdit de posséder. Sinon, ce qui n’est pas interdit parmi les chiens de chasse, de culture et de bétail, ainsi que les représentations offensées, inscrites sur les tapis, les oreillers et autres, les Anges ne refusent pas d’entrer à cause de cela. »(12) Ibn Hadjar رحمه الله a dit dans son commentaire sur le hadith de l’Ange Djibrîl : « Ce hadith atteste la prépondérance de l’avis de ceux qui disent que les représentations empêchant les Anges d’entrer dans un endroit sont celles qui gardent leur posture éminente et magnifiée. Or, si elles sont offensées, ou plutôt transformées, soit en les coupant à moitié ou en ôtant leur tête, cela ne pose point de gêne. »(13)

Le savoir parfait appartient à Allâh, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

Alger, le 16 de Cha‘bân 1421 H,
correspondant au 12 novembre 2000 G.

 


(1) Rapporté par : Al-Boukhârî (3226) et Mouslim (2106), d’après Aboû Talha رضي الله عنه.

(2) Rapporté par : Al-Boukhârî (5957) et Mouslim (2107), d’après ‘Â’icha رضي الله عنه.

(3) Ce sont les Anges qui enregistrent les œuvres de la personne. (NDT).

(4) Rapporté par At-Tirmidhî (2685), ce hadith est jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans Sahîh Al-Djâmi‘ (4213).

(5) Consulte le hadith rapporté par Al-Boukhârî (6130) et Mouslim (2440), et le hadith rapporté par Aboû Dawoûd (4932), d’après ‘Â’icha رضي الله عنها et jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans Âdâb Az-Zifâf (170).

(6) Rapporté par Mouslim (2107), d’après ‘Â’icha رضي الله عنها

(7) Rapporté par Al-Boukhârî (374), d’après Anas رضي الله عنه.

(8) Consulte le hadith rapporté par Ahmad (10193) et Ibn Hibbân, et cette version est à lui, (5854) : qu’Aboû Hourayra a dit : le Messager d’Allâh صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « L’Ange Djibrîl vint à moi et dit : hier, j’étais venu te voir, et la statue d’un homme m’a empêché d’entrer à la maison où tu étais, et aussi il y avait un rideau où des statuettes sont dessinées, et un chien était présent dans cette maison. » Ainsi, le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم ordonna de couper la tête de la statue, la tête de la statuette dessinée sur le rideau et d’en faire avec deux oreillers. Il ordonna aussi de faire sortir le chien, qui était un chiot (jeune chien) d’Al-Haşane et d’Al-Houşayne en-dessous de leur étagère. » Ce hadith est jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans At-Ta‘lîqât Al-Hişâne (5824). Et chez Ahmad, il est dit « Minbadhatayne » au lieu de « Wişadatayne », et « Mindadha » (le singulier du « Minbadhatayne ») est oreiller posé par terre pour qu’on s’y asseye. [Cf. : Lişâne Al-‘Arab (3/513)]      

(9)  Consulte le hadith rapporté par Al-Boukhârî (2479) et Mouslim (2107) que ‘Â’icha رضي الله عنها « … alors que j’avais placé sur une étagère à moi, un léger voile avec des représentations. Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم le déchira. ‘Â’icha رضي الله عنها en confectionne deux oreillers sur lesquels le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم s’asseyait chez lui. »   

(10) Rapporté par : Al-Boukhârî (3226) et Mouslim (2106), d’après Zayd ibn Khâlid Al-Djouhanî d’après Aboû Talha رضي الله عنه.

(11) Rapporté par Al-Boukhârî (3226) et Mouslim, et cette version lui appartient, (2106) d’après Zayd ibn Khâlid Al-Djouhanî d’après Aboû Talha رضي الله عنهما.

(12) Charh Mouslim d’An-Nawawî (14/84).

(13) Fath Al-Bârî d’Ibn Hadjar (10/392).