Concernant celui qui a perdu l’ablution et n’a pas fait la prosternation de l’oubli | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Vendredi 9 Rabî` Eth-Thânî 1441 H - 06 décembre 2019 G

Fatwa n° 429
Catégorie : Fatwas relatives à la prière – la prière en groupe

Concernant celui qui a perdu l’ablution
et n’a pas fait la prosternation de l’oubli

Question :
Un homme fait preuve d’inadvertance dans sa salât. Quand il fait les salutations finales, son état de purification s’est annulé et n’a pas fait ainsi la prosternation de l’oubli (Soudjoûd As-Sahw). Quelles sont les conséquences de cela ?
 

Réponse :
Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh a envoyé comme miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

S’il a oublié un pilier ou un acte obligatoire dans la salât et l’avait ensuite complété, puis a perdu l’ablution, alors qu’il doit faire une prosternation de l’oubli avant les salutations finales, il lui incombe dans ce cas de refaire à nouveau sa prière. Cet avis est prôné par l’obédience majoritaire des savants. Car son état de purification est devenue nul avant qu’il termine sa prière, vu le hadith du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم : « La salât de celui qui perd son état de purification n’est pas acceptée qu’à après avoir refait ses ablutions. »(1)

Mais, si son état de purification n’est devenu nulle qu’après avoir fait les dernières salutations finales sans qu’il fasse la prosternation de l’oubli, selon l’avis affirmant l’obligation de Soudjoûd As-Sahw (prosternation de l’oubli) – qui est d’ailleurs l’avis le plus correct(2) – sa responsabilité ne sera point affranchie qu’en accomplissant cette prosternation après qu’il eût fait ses ablutions même si l’écart temporelle est long(3). Car cela est considéré comme est une compensation faite après les salutations finales. Chose qui n’annule pas la salât. Il doit plutôt faire la prosternation de l’oubli tant qu’il peut(4).

Le savoir parfait appartient à Allâh, et notre dernière invocation est qu'Allah, Seigneur des Mondes, soit loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

Alger, le 24 de Rabî‘ Ath-Thânî 1427 H,
correspondant au 21 mars 2006 G.

 

 


(1) Rapporté par : Al Boukhârî (135) et Mouslim (225), d’après Aboû Hourayra رضي الله عنه.

(2) L’avis qui dit que la prosternation de l’oubli est obligatoire est adopté par l’école hanafite, considéré comme l’un des avis de l’école mâlikite, et c’est l’avis le plus répandu de l’école hanbalite. Il est également adopté par l’école dhahirite. Contrairement à ceux qui considèrent que la prosternation de l’oubli est plutôt recommandée. Cet avis est répandu de l’école malékite et chafiite, et c’est une version prônée par Ahmed. 

(3) Certains juristes pensent que si l’écart est long ou si le prieur a perdu son état de purification, il refait la salât, car elle constitue bel et bien une seule unité ; ainsi, il n’est pas permis d’ajuster une partie de cette salât sur l’autre avec un long décalage de temps ; tel que cela est fait comme s’il avait perdu l’état de purification. [Al-Moughnî d’Ibn Qoudâma (2/15)] 

(4) Cf. : Madjmoû‘ Al Fatâwâ d’Ibn Taymiyya (23/32-36).