De l’acquisition de la zakat par erreur | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Jeudi 7 Safar 1442 H - 24 septembre 2020 G

Fatwa n° 476

Catégorie : Fatwas relatives à la zakât

De l’acquisition de la zakat par erreur

Question :

Un homme a emprunté de l’argent, mais au moment de rembourser sa dette, il n’a pu s’en acquitter. Car lui-même n’avait pas été payé pour son travail. Son frère, plus riche, lui a alors donné l’argent de sa propre zakat considérant que son frère endetté était insolvable. Cependant juste avant de payer ses dettes, il a perçu tout l’argent gagné par son travail.

Est-ce que cet homme est autorisé à garder l’argent de cette zakat ? Sinon, comment doit-il procéder ?  

Réponse :

Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh a envoyé comme miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

Toute personne qui a la certitude de récupérer ses créances est considérée riche, et ne fait pas partie des gens lourdement endettés qui mérite la zakat. 

[Dans le cas nous concernant], cette personne peut emprunter de l’argent à son frère pour régler ses dettes, puis le lui restituer après avoir récupéré l’argent que lui devaient ses débiteurs.

Ainsi, il doit :

– Soit restituer à son frère la zakat qu’il lui avait donnée afin de la redistribuer d’une manière correcte, car il ne s’est toujours pas affranchi de son devoir religieux.

– Soit il se charge, après en avoir informé son frère, de la distribuer à ceux qui la méritent, et qui sont cités dans ce verset :

﴿إِنَّمَا الصَّدَقَاتُ لِلْفُقَرَاء وَالْمَسَاكِينِ وَالْعَامِلِينَ عَلَيْهَا وَالْمُؤَلَّفَةِ قُلُوبُهُمْ وَفِي الرِّقَابِ وَالْغَارِمِينَ وَفِي سَبِيلِ اللهِ وَابْنِ السَّبِيلِ فَرِيضَةً مِنَ اللهِ وَاللهُ عَلِيمٌ حَكِيمٌ﴾ [التوبة: 60]

Sens du verset :

La zakat n’est destinée que pour les pauvres, les indigents, ceux qui y travaillent, ceux dont les cœurs sont à gagner (à l’Islam), l’affranchissement des jougs, ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier d’Allah, et pour le voyageur démunis. C’est là un décret d’Allah ! Et Allah est Omniscient et Sage.﴿ [s. At‑Tawba (le Repentir) : v. 60]

Ceux qui ne sont pas cités dans ce verset n’ont pas droit à la zakat, comme c’est le cas de cette personne ; le Prophète صلَّى الله عليه وآله وسلَّم a dit : « La charité n’est permise ni à un riche ni à un homme fort et vigoureux. »(1)

 


(1) Rapporté par Aboû Dâwoûd (1634), At‑Tirmidhî (652) et d’Al‑Hâkim (1478) en ces termes, d’après Abd Allâh ibn Amrرضي الله عنهما  ; jugé haşane (bon) par Ibn Hadjar dans At‑Talkhîs Al‑Habîr (4/152).