Demander l’aide d’une association caritative pour se marier | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Mardi 15 Rabî` Eth-Thânî 1442 H - 01 décembre 2020 G



Fatwa n° 1018

Catégorie : Fatwas relatives à la Famille – L’acte de mariage - Les étiquettes du mariage

Demander l’aide d’une association caritative pour se marier

Question :

Est-il permis de demander l’aide d’une association caritative afin de réaliser un projet de mariage collectif ?

Réponse :

Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh عزّ وجلّ a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

En principe, le musulman ne doit demander l’aide mondaine ou matérielle qu’auprès d’Allâh سبحانه وتعالى par amour et confiance à Son égard, conformément au verset suivant :

﴿إِيَّاكَ نَعۡبُدُ وَإِيَّاكَ نَسۡتَعِينُ ٥[الفاتحة]

Sens du verset :

C’est Toi [Seul] que nous adorons, et c’est Toi [Seul] dont nous implorons secours  ﴿ [s. Al-Fâtiha (le Prologue) : v. 5],Ainsi que les versets :

﴿فَإِذَا فَرَغۡتَ فَٱنصَبۡ ٧ وَإِلَىٰ رَبِّكَ فَٱرۡغَب ٨[الشرح]

Sens des versets :

Quand tu te libères, donc, lève-toi, et à ton Seigneur aspire  ﴿ [s. Ach-Charh (l’Ouverture) : v. 7 -8]

C’est-à-dire aspire à Allâh Seul et point aux autres, conformément à ce qu’a dit le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم à Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما : « Quand tu demandes quelque chose, demande-la à Allâh ; et quand tu demandes une assistance, demande-la à Allâh. »(1) Car Allâh عزّ وجلّ est le Meilleur Garant pour consacrer à l’homme celui qui l’aiderait dans son mariage s’il a la volonté de rester chaste et de se protéger des relations illicites. Certes, Allâh عزّ وجلّ a promis à ceux parmi Ses serviteurs qui veulent préserver leur chasteté, en disant :

﴿وَلۡيَسۡتَعۡفِفِ ٱلَّذِينَ لَا يَجِدُونَ نِكَاحًا حَتَّىٰ يُغۡنِيَهُمُ ٱللَّهُ مِن فَضۡلِهِۦۗ[النور: 33]

Sens du verset :

Et que ceux qui n’ont pas de quoi se marier, cherchent à rester chastes jusqu’à ce qu’Allâh les enrichisse par Sa grâce  ﴿ [s. An-Noûr (la Lumière) : v.33]

Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم dit aussi : « Allâh se fait un devoir d’aider trois personnes : celui qui combat dans le sentier d’Allâh, l’esclave qui veut s’affranchir sous condition tout en voulant s’acquitter envers son maître, et celui qui se marie pour rester chaste. »(2)

Du reste, demander quelque chose aux gens n’est permis qu’en cas de nécessité ; toutefois, il vaut mieux ne pas le faire et avoir une entière confiance en Allâh, vu les mauvaises conséquences qui résultent du fait de demander [l’assistance] des créatures. Parmi ces mauvaises conséquences, il y a l’inconvénient de dépendre des autres en dehors d’Allâh عزّ وجلّ, ce qui est une sorte de polythéisme ; l’inconvénient de nuire aux gens auxquels on demande l’assistance, ce qui est une sorte d’injustice envers les créatures ; et l’inconvénient de s’humilier devant autre qu’Allâh عزّ وجلّ, ce qui est une injustice envers soi-même(3). Cependant, si la demande [de l’assistance des créatures] est permise en cas de nécessité, celle-ci doit être limitée en fonction du besoin.

Le savoir parfait appartient à Allâh سبحانه وتعالى, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit Loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

 

Alger, le 7 de Radjab 1430 H,
correspondant au 30 juin 2009 G.

 



(1) Rapporté par : Ahmad (2763), At-Tirmidhî (2516) et Al-Hâkim (6303), par l’intermédiaire d’Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما. Ce hadith est jugé authentique par Ahmad Châkir dans sa Recension de Mousnad Ahmad et par Al-Albânî dans Sahîh Al-Djâmi‘ (7957).

(2) Rapporté par : At-Tirmidhî (1655), An-Naşâ’î (3218), Ibn Mâdjah (2518), Ibn Hibbâne dans son Sahîh (4030), Al-Hâkim dans Al-Moustadrak (2678), Ahmad (7416) et Al-Bayhaqî (2678), par l’intermédiaire d’Aboû Hourayra رضي الله عنه. Ce hadith est jugé haşane (bon) par Al-Baghawî dans Charh As-Sounnah (5/6) et par Al-Albânî dans Ghâyat Al-Marâm (210) et dans Sahîh Al-Djâmi‘ (3050). En outre, Ahmad Châkir l’a jugé authentique dans sa Recension de Mousnad Ahmad (13/149).

(3) Cf. : Madjmoû‘ Al-Fatâwâ d’Ibn Taymiyya (1/190).

Je dis : Ceci ne comprend pas la demande [de réponses] à des questions d’ordre religieux qui peut atteindre le degré de l’obligation individuelle ; ainsi que [la demande] des droits individuels, littéraires et moraux qui appartiennent à l’homme par preuve religieuse, car dans le cas de tels droits, il est permis à la personne de les demander et de les revendiquer auprès de ceux qui les détiennent.