Conseil à celle qui retarde son mariage | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Mardi 15 Rabî` Eth-Thânî 1442 H - 01 décembre 2020 G



Fatwa n° 171

Catégorie : Fatwas relatives à la Famille - L'acte de mariage - L'établissement d'un acte de mariage

Conseil à celle qui retarde son mariage

Question :

Que conseillez-vous une femme qui retarde son mariage lorsqu’un homme, pieux et de bonnes mœurs, la demande en mariage, elle le refuse en prétextant qu’il n’est pas un étudiant en sciences (islamiques), de même qu’elle ne s’imagine pas vivre avec un homme qui ne connaît de l’Islam que les grandes lignes ?

 

Réponse :

Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh عزّ وجلّ a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

Les textes prophétiques énoncent de façon claire que la décision du mariage revient en premier lieu à la femme, car c’est elle la concernée. De là, il n’est pas permis que l’on néglige son opinion, que l’on omet son consentement ou que l’on prenne arbitrairement la décision [à sa place] sans la consulter par rapport à ce sujet.

Aussi, la femme raisonnable ne doit-elle pas retarder son mariage lorsqu’un prétendant pieux et connu pour son honneur et ses bienséances se présente à elle. Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم dit : « Si quelqu’un, qui vous satisfait par sa foi et sa morale, demande votre fille en mariage, accordez-la lui, car si vous ne le faites pas, cela peut devenir une source de tentation et de grande débauche sur terre. »(1)

De plus, il est clair que le hadith énonce que le prétendant soit pourvu de piété et de bonnes moralités, car l’homme pieux et de bonnes moralités se comportera convenablement envers sa femme s’il cohabite avec elle, et la libérera conformément à la bienséance s’il la répudie suivant les versets coraniques. D’autre part, beaucoup d’étudiants en sciences (islamiques) n’ont point bénéficié du savoir qu’ils ont appris et ont été privés de le mettre en application, alors que l’application est le fruit du savoir. Nombreux sont aussi ceux, parmi eux, qui ont une mauvaise moralité et s’écartent vraiment de la religion.

À mon avis, il suffit que l’homme convenable ait de la piété et aime le savoir [religieux] et les ulémas, même s’il n’est pas un savant ou un étudiant en sciences (islamiques). Pour cela, lorsqu’un homme dit à Al-Haşane ibn ‘Ali : « J’ai une fille. Quel est l’homme [convenable], à ton avis, auquel je pourrais la marier ? » Al-Haşane lui répondit : « Marie-la à celui qui craint Allâh [celui qui a de la piété], car celui-ci l’honorera s’il l’aime, mais ne se montrera jamais injuste envers elle s’il ne l’aime pas. »(2) Cela, sans tenir compte, évidemment, de la capacité du mari à couvrir les dépenses qui sont une charge qu’il doit assumer, en raison de la consommation du mariage. Cependant, s’il est incapable d’assumer cette charge, il lui manquera, alors, la condition requise pour le mariage même s’il est un homme pieux et de bonne moralité, conformément au hadith dans lequel le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم dit : « Ô jeunes ! Celui d’entre vous qui est capable de supporter les charges du mariage doit se marier… »(3)

Du reste, si la femme, qui a posé la question, ne s’imagine pas qu’elle vivra avec un homme ne connaissant de l’Islam que les grandes lignes, elle a le droit d’exiger du prétendant, à l’instar de ceux que nous avons mentionnés étant pourvus de piété et de bonne moralité, dans le contrat de mariage de lui permettre d’acquérir davantage de savoir [religieux] et de ne pas la priver d’assister aux cours où l’on étudie la science (islamique) qu’ils soient publics ou privés.

Au demeurant, s’il se présente à elle un jurisconsulte ou un étudiant en sciences (islamiques) pieux et ayant de bonnes moralités, ce sera, alors, une grande faveur qu’elle pouvait attendre. Nous invoquons Allâh de lui accorder un prétendant de ce genre qu’elle désire. Néanmoins, si elle craint que le temps passe avant qu’une telle personne ne se présente, dans ce cas-là, le prétendant ayant de la piété et de bonnes moralités passe avant celui qui dispose du savoir, ou du jurisconsulte dépourvu de piété et de bonnes moralités.

Le savoir parfait appartient à Allâh سبحانه وتعالى, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit Loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

 

Alger, le 9 Radjab 1416 H,
correspondant au 1 décembre 1995 G.

 



(1) Rapporté par : At-Tirmidhî (1085) et par Al-Bayhaqî (13863), par l’intermédiaire d’Aboû Hâtim Al-Mouzanî رضي الله عنه. Par ailleurs, il est rapporté par Ibn Mâdjah (1967), par l’intermédiaire d’Aboû Hourayra رضي الله عنه. Ce hadith est jugé haşane (bon) par Al-Albânî dans Al-Irwâ’ (1868).

(2) Cf. : le livre intitulé Al-‘Iyâl d’Ibn Abî Ad-Dounyâ (1/273) ainsi que Charh As-Sounna d’Al-Baghawî (9/11).

(3) Rapporté par Al-Boukhârî (5065) et par Mouslim (1400), par l’intermédiaire d’Ibn Mas‘oûd رضي الله عنه.