Le jugement relatif à la falsification des attestations pour obtenir un emploi dans une société | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Vendredi 22 Joumâdâ El-'Oûlâ 1441 H - 17 janvier 2020 G

Fatwa n° 363

Catégorie : Fatwas relatives aux transactions financières – Le louage

Le jugement relatif à la falsification des attestations pour obtenir un emploi dans une société

Question :

Un frère pose une question relative à l’entreprise qui exige, comme condition pour recruter les employés, d’avoir une attestation d’expertise qui ne serait pas inférieure à 5 ans. Mais l’expérience pratique de ce questionneur n’a duré que 19 mois. Il dit dans sa question : cette exigence est imposée par toutes les entreprises sans exception. Or, l’entreprise où il veut travailler exige, pour qu’il soit recruté, de réussir au concours qui dure des mois sans pour autant tenir compte de la condition d’expertise pour réussir. En bref, l’attestation de l’expertise n’est exigée que lors du dépôt du dossier, et après elle sera complètement négligée. Lui-t-il permis d’obtenir une attestation formelle contenant la durée demandée, sachant qu’elle n’est pas conforme à la réalité ? Veuillez nous répondre, qu’Allâh vous bénisse.

 

Réponse :

Il appartient à la société qui recrute d’exiger une durée d’expérience requise pour recruter des employés. Cette condition prescrite par la volonté [du responsable] de la société est inhérente à un intérêt, de façon à ce qu’il ne contredit pas, par lui-même, les lois islamiques et ses fondements. C’est pourquoi le candidat – au poste – doit respecter ce droit. Il ne lui est pas permis de s’approprier une attestation falsifiée quant à la durée pour éluder d’une manière mensongère la condition requise et accéder ainsi au poste convoité, car ce moyen illicite générera des effets négatifs, parmi lesquels :

-         La falsification et le mensonge qui sont notoirement interdits dans toutes les législations.

-         S’opposer d’une telle façon illicite à la condition de la société est une violation de ses droits, alors qu’il est attesté dans le hadith : « Les musulmans sont tenus de respecter leurs conditions, excepté une condition qui rend licite ce qui est illicite, et illicite ce qui est licite. »(1)

-         Démontrer une aptitude pour un travail sans en être compétent, vu le manque d’expertise, alors qu’il est attesté dans le hadith : « Celui qui se satisfait d’une chose qui lui manque, est semblable à celui qui porte deux habits de mensonge. »(2)

-         Il porte également préjudice aux autres candidats aptes à faire ce travail en touchant à leur droit par le mensonge et la falsification.  

Enfin, il va sans dire que le péché trouble la conscience et le cœur le rejette, alors qu’une chose licite nous fait passer de l’illicite. La subsistance émane d’Allâh, qu’Il accorde généreusement à Ses serviteurs pieux, tel qu’Il a dit :

﴿وَمَن يَتَّقِ ٱللَّهَ يَجۡعَل لَّهُۥ مَخۡرَجٗا ٢ وَيَرۡزُقۡهُ مِنۡ حَيۡثُ لَا يَحۡتَسِبُۚ وَمَن يَتَوَكَّلۡ عَلَى ٱللَّهِ فَهُوَ حَسۡبُهُۥٓ[الطلاق]

Sens du verset :

Et quiconque craint Allah, Il Lui donnera une issue favorable, et lui accordera Ses dons par [des moyens] sur lesquels il ne comptait pas. Et quiconque place sa confiance en Allah, Il [Allah] lui suffit.﴿ [s. At-Talâq (le Divorce) : v. 2-3]

Et le savoir est auprès d’Allâh et nous disons pour finir : la louange est à Allâh, le souverain des mondes, qu’Allâh honore et salue notre prophète Muhammad, ainsi que sa famille, ses Compagnons et ses frères, jusqu’au jour de la résurrection.

 

Alger, le 6 de Rabî‘ Ath-Thânî 1424 H,
correspondant au 3 mars 2003 G.

 


(1) Rapporté par At-Tirmidhi (1352), d’après ‘Amr ibn ‘Awf Al-Mouzanî رضي الله عنه. Ce hadith est jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans Irwâ’ Al-Ghalîl (5/144).

(2) Rapporté par Al-Boukhârî (5219) et Mouslim (2130), d’après Asmâ’ Bint Abî Bakr رضي الله عنهما. Ce hadith est aussi rapporté par Mouslim (2129), d’après ‘Â’icha رضي الله عنها.