Conseil directif à celui qui accomplit le Hadj ou la ‘Oumra | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Samedi 17 Rabî` Eth-Thânî 1441 H - 14 décembre 2019 G

Article mensuel n° 44

Conseil directif à celui qui accomplit
le Hadj ou la ‘Oumra

Louange à Allâh, Maître des Mondes ; que Ses éloges et Son salut soient pour celui qu’Il a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Rétribution. Ceci dit :

Le Hadj est le cinquième pilier de l’Islam et l’une de ses grands fondements. C’est une obligation prescrite par Allâh à tout musulman qui en est capable. Allâh dit en effet :

﴿وَللهِ عَلَى النَّاسِ حِجُّ الْبَيْتِ مَنِ اسْتَطَاعَ إِلَيْهِ سَبِيلاً [آل عمران: 97].

Sens du verset :

Et il est du droit d’Allâh sur les gens qu’ils accomplissent le Hadj à la Demeure, pour celui qui peut s’y rendre.﴿ [s. Âl-Imrân (la famille d’Imran) : v. 97]

Et le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : «L’Islam est basé sur cinq piliers : Témoigner qu’il n’est de divinité [digne d’être adorée] qu’Allâh et que Mouhammad est le Messager d’Allâh, accomplir la salat, s’acquitter de la Zakat, accomplir le Hadj et jeûner Ramadan.»(1). Le Hadj est une obligation du genre ‘Aynî(2) une fois dans la vie pour celui qui en est capable ; et il est une obligation du genre Kifâ’î(3) pour l’ensemble des musulmans, chaque année. Celui qui accomplit un Hadj en plus que l’obligatoire, il lui sera compté comme un acte surérogatoire, car le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « Le Hadj n’est [obligatoire] qu’une seule fois. Quiconque en fait plus, sera un acte bénévole. »(4) Néanmoins, il est préférable à la personne aisée de ne pas délaisser l’accomplissement du Hadj pendant cinq ans, car le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم nous a transmis ce qu’Allâh a dit : « Certes, un serviteur à qui J’ai donné une meilleure santé, et une bonne situation, alors que cinq années passèrent sur lui sans qu’il ne Me visite, est certes privé du bien. »(5)

 

Parmi les bienfaits et les mérites du Hadj,
attestés par la Sounna authentique :

1– La purification de l’âme des effets des péchés. Aboû Hourayra رضي الله عنه a rapporté que le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « Quiconque accomplit le Hadj pour Allâh عزّ وجلّ sans jouissance sexuelle ni péchés, reviendra [dénué de tout péché] tel le jour où sa mère l’a mis au monde.»(6)

2– Il affranchit de l’enfer, et sa récompense est le paradis. Selon ‘Â’icha رضي الله عنها, le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « Il n’est pas de jour où Allâh عزّ وجلّ est plus digne d’affranchir un serviteur de l’Enfer que le jour de ‘Arafa ; certes Allâh s’approche [des pèlerins] et les loue auprès des anges en disant : ‘‘Que veulent ceux-ci ?’’. »(7) Selon Aboû Hourayra رضي الله عنه, le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « La ‘Oumra à la suivante est une expiation pour ce qui est commis entre elles et le Hadj agréé n’a d’autre récompense que le Paradis. »(8)

3– Il est l’œuvre la plus méritoire et le meilleur Djihâd des femmes. Selon Aboû Hourayra رضي الله عنه, « On demanda au Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم : “Quelle est l’œuvre la plus méritoire ?” Il dit : “La foi en Allâh et en Son Messager.” On [lui] demanda : “Et ensuite ?” Il dit : “Le Djihâd dans le sentier d’Allâh.” On [lui] demanda : “Et ensuite ?” Il dit : “Un Hadj agréé.”»(9) ‘Â’icha رضي الله عنها a dit [en questionnant le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم] : “Ô, Messager d’Allâh ! Nous considérons que le Djihâd est l’œuvre la plus méritoire, n’allons-nous, donc, pas l’accomplir ?” Il dit : “Non, mais le Djihâd le plus méritoire est un Hadj pieux.” »(10)

Si une personne possède la capacité d’accomplir le Hadj et la ‘Oumra, et si elle est déterminée à réaliser cet importante rite d’adoration, il serait commode à ce niveau de mettre à sa disposition entre ses mains des conseils et des recommandations avant son grand voyage vers la Maison Sacrée d’Allâh et ce, pour répondre à l’ordre d’Allâh تعالى :

﴿وَللهِ عَلَى النَّاسِ حِجُّ الْبَيْتِ مَنِ اسْتَطَاعَ إِلَيْهِ سَبِيلاً [آل عمران: 97].

Sens du verset :

Et c’est un devoir envers Allâh pour les gens qui ont les moyens, d’aller faire le pèlerinage de la Maison﴿ [s. Âl-‘Imrân (la Famille d’Imran) : v. 97]

Et Il a dit :

﴿وَأَتِمُّوا الْحَجَّ وَالْعُمْرَةَ للهِ [البقرة: 196].

Sens du verset :

Et accomplissez pour Allâh le pèlerinage et la ‘Oumra﴿ [s. Al-Baqara (la Vache) : v. 196] et à l’appel du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم : « Ô vous les gens ! Allâh vous a prescrit le Hadj ; accomplissez-le.»(11)

J’ai estimé bon de subdiviser mes conseils en deux recommandations et de les classer selon un ordre de priorité :

1.      Celle qui concerne la personne qui accomplit le Hadj ou la ‘Oumra avant d’entamer leurs œuvres.

2.      Une autre qui touche à la personne [accomplissant le Hadj ou la ‘Oumra] avant, lors et après son voyage. Le but de cela est de leur faciliter l’acquisition et d’en profiter [aisément].

 

[Ces deux recommandations] se présentent comme suit :

Quelques recommandations avant d’entamer
les œuvres du Hadj et de la ‘Oumra

[Ces recommandations] se présentent sous les points suivants :

 

Premièrement : Dénuder l’âme et la purifier du Chirk (associer à Allâh ce qui est spécifique à Lui) ; y prendre garde et éviter les causes qui y mènent. Il est connu que l’exagération envers les saints s’est répandue parmi le commun des gens, au point que ces derniers leur ont donné les spécificités de la Seigneurie, les ont placés au-dessus de la position qu’Allâh leur a donnée : [position] qui n’est permise que pour Allâh. Il est notoire que le polythéisme est le plus grand péché et la plus dangereuse injustice ; il annule les œuvres et corrompt les actes d’adoration et ce, conformément à la Parole du Très Haut :

﴿وَلَقَدْ أُوحِيَ إِلَيْكَ وَإِلَى الَّذِينَ مِنْ قَبْلِكَ لَئِنْ أَشْرَكْتَ لَيَحْبَطَنَّ عَمَلُكَ وَلَتَكُونَنَّ مِنَ الْخَاسِرِينَ [الزمر: 65]،

Sens du verset :

En effet, il t’a été révélé, ainsi qu’à ceux qui t’ont précédé : ‘‘Si tu donnes des associés à Allâh, ton œuvre sera certes vaine ; et tu seras très certainement du nombre des perdants.’’ ﴿ [s. Az-Zoumar (les Groupes) : v. 65]

C’est la raison pour laquelle il convient, donc, de s’efforcer d’épurer l’âme en se débarrassant des souillures du polythéisme, de purifier la croyance et de se protéger du Chirk, barrant toutes les voies y menant, surtout pour celui qui est déterminée à  accomplir le Hadj ou la ‘Oumra. En effet, s’il ne s’en purifie pas, il est à craindre qu’en plus d’avoir commis le plus grand des péchés, il gâche ses efforts et ses biens sans recevoir nulle récompense. Allâh تعالى a dit :

﴿وَقَدِمْنَا إِلَى مَا عَمِلُوا مِنْ عَمَلٍ فَجَعَلْنَاهُ هَبَاءً مَنْثُورًا [الفرقان: 23].

Sens du verset :

Nous avons considéré les œuvres qu’ils ont accomplies et en avons fait de la poussière dispersée.﴿ [s. Al-Fourqâne (le Discernement) : v. 23]

Deuxièmement : S’empresser d’effectuer un repentir pur et sincère, de délaisser les péchés, d’avoir la ferme volonté de ne plus jamais y revenir et de multiplier les bonnes actions qui effacent les mauvaises. Ainsi, la porte du repentir(12) est toujours ouverte ; Allâh تعالى a dit :

﴿قُلْ يَا عِبَادِيَ الَّذِينَ أَسْرَفُوا عَلَى أَنْفُسِهِمْ لاَ تَقْنَطُوا مِنْ رَحْمَةِ اللهِ إِنَّ اللهَ يَغْفِرُ الذُّنُوبَ جَمِيعًا إِنَّهُ هُوَ الْغَفُورُ الرَّحِيمُ [الزمر: 53].

Sens du verset :

 Dis à Mes serviteurs qui ont commis des excès à leurs propres détriments qu’ils ne désespèrent pas de la miséricorde d’Allâh ; certes, Allâh pardonne tous les péchés ; il est Al-Ghafoûr (le Pardonneur), Ar-Rahîm (le Miséricordieux).﴿  [s. Az-Zoumar (les Groupes) : v. 53]

﴿وَتُوبُوا إِلَى اللهِ جَمِيعًا أَيُّهَ الْمُؤْمِنُونَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ [النور: 31].

Sens du verset :

 Et repentez-vous tous à Allâh, ô, les croyants, afin que vous réussissiez.﴿  [s.  An-Noûr (la Lumière) : v. 31]

[Allâh] a lié la réussite au repentir comme [une relation] de cause à effet, puis Il a utilisé la particule « la‘alla » (afin que) pressentant le sens de l’espérance ; la signification devient ainsi : n’espèrent à la réussite que les repentants.

Le repentir qui répare le péché et efface son effet est celui qui est [marqué] de loyauté et de sincérité, suivie d’énormément de bonnes œuvres et de pieuses actions ; Allâh تعالى :

﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا تُوبُوا إِلَى اللهِ تَوْبَةً نَصُوحًا عَسَى رَبُّكُمْ أَنْ يُكَفِّرَ عَنْكُمْ سَيِّئَاتِكُمْ وَيُدْخِلَكُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِنْ تَحْتِهَا الأَنْهَارُ [التحريم: 8]

Sens du verset :

Ô vous qui avez cru ! Repentez-vous à Allâh d’un repentir sincère. Il se peut que votre Seigneur vous efface vos fautes et qu’Il vous fasse entrer dans des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux.﴿ [s. At-Tahrîm (l’Interdiction) : v. 8]

Et les bonnes œuvres expient énormément les mauvaises, conformément à la Parole du Très Haut :

﴿وَأَقِمِ الصَّلَاةَ طَرَفَيِ النَّهَارِ وَزُلَفًا مِنَ اللَّيْلِ إِنَّ الْحَسَنَاتِ يُذْهِبْنَ السَّيِّئَاتِ ذَلِكَ ذِكْرَى لِلذَّاكِرِينَ [هود: 114].

Sens du verset :

Et accomplis la Salat aux deux extrémités du jour et à certaines heures de la nuit. Les bonnes œuvres dissipent les mauvaises. Cela est une exhortation pour ceux qui réfléchissent.﴿ [s. Hoûd : v. 114]

Fait partie d’un repentir parfait le fait de couper le lien avec le passé pécheur, de déserter les lieux où sont commises les actes de désobéissance et délaisser la mauvaise compagnie. Cela fait partie d’une crainte pieuse envers Allâh, fondement de l’acceptation [des œuvres] ; Allâh تعالى a dit :

﴿إِنَّمَا يَتَقَبَّلُ اللهُ مِنَ الْمُتَّقِينَ [المائدة: 27]،

Sens du verset :

Allâh n’accepte que de la part des pieux.﴿ [s. Al-Mâ’ida (la Table Servie) : v. 27]

Il est rapporté dans le hadith d’Aboû Hourayra رضي الله عنه disant : « J’ai entendu le Messager d’Allâh dire : ‘‘Quiconque accomplit le Hadj pour Allâh عزّ وجلّ sans jouissance sexuelle ni péchés, reviendra [dénué de tout péché] tel le jour où sa mère l’a mis au monde.’’ »(13)

Remarque : Parmi les plus dangereux actes de désobéissance, dont il incombe de s’en repentir prestement est : l’hérésie (la Bid‘a) commise en religion. Elle est considérée comme un égarement qui conduit au polythéisme, car le Prophète صلَّى الله عليه وسلم a dit : « Méfiez-vous des innovations en religion, car toute innovation est une hérésie, et toute hérésie est un égarement. »(14) Il a dit صلَّى الله عليه وسلم également : «Quiconque innove dans notre ordre-ci toute chose qui n’en fait pas partie lui sera rejetée.»(15) Et dans une autre version : «Quiconque fait une œuvre qui n’a pas reçu notre ordre [lui sera] rejetée. »(16) Al-Barbahârî a dit : «Méfiez-vous des petites hérésies, car les petites hérésies reviennent jusqu’à ce qu’elles deviennent grandes. De même que pour toute hérésie inventée dans cette communauté, sa première [forme] était minime, ressemblant à la vérité, quiconque s’y introduit en sera trompé, pour qu’il soit ensuite incapable de s’en sortir. Elle grandit et se transforme en religion par laquelle on adore [Allâh].»(17)

L’hérésie a différents degrés et ses causes reviennent par le fait d’ignorer la religion et de suivre les passions, de se montrer fanatique pour les opinions et les personnes, de ressembler et d’imiter les mécréants. L’aspect qui montre que l’hérésie est plus dangereuse que l’acte de désobéissance [réside dans le fait] que l’auteur de la désobéissance connaît l’aspect interdit de sa transgression portée aux limites et aux interdictions d’Allâh, et on espèrera pour lui qu’il en reviendra, qu’il se rapprochera et qu’il demandera pardon, et sa position est plus légère et moindre que l’auteur d’une hérésie, qui transgresse les limites d’Allâh par la législation et en inventant des mensonges sur Allâh le Très Glorieux, tout en croyant être du nombre des biens guidés. On craindra pour lui de durer indéfiniment [à pratiquer] son hérésie, de continuer [à suivre] les fausses idées et l’égarement, en croyant être sur la vérité et la justesse. Allâh تعالى a dit :

﴿قُلْ هَلْ نُنَبِّئُكُمْ بِالأَخْسَرِينَ أَعْمَالاً. الَّذِينَ ضَلَّ سَعْيُهُمْ فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَهُمْ يَحْسَبُونَ أَنَّهُمْ يُحْسِنُونَ صُنْعًا [الكهف: 103-104].

Sens du verset :

Dis : «Voulez-vous que Nous vous apprenions qui sont les plus grands perdants, en œuvres ?. Ceux dont l’effort, dans la vie présente, s’est égarée, alors qu’ils s’imaginent faire le bien. »﴿ [s. Al-Kahf (la Caverne) : v. 103-104]

Aussi, parmi les différences [qu’on pourrait énumérer], il y a le fait que le repentir est interdit pour l’auteur de l’hérésie, conformément au dire du Prophète : «Certes, Allâh a interdit le repentir à tout auteur d’hérésie, jusqu’à ce qu’il la délaisse.»(18)

Troisièmement : Consacrer son intention à Allâh dans l’acte d’adoration par lequel on cherche à se rapprocher de Lui, car Allâh a dit :

﴿قُلْ إِنِّي أُمِرْتُ أَنْ أَعْبُدَ اللهَ مُخْلِصًا لَهُ الدِّينَ [الزمر: 11].

Sens du verset :

Dis : ‘‘On m’a ordonné d’adorer Allâh en Lui consacrant exclusivement la religion.’’﴿ [s. Az-Zoumar (les Groupes) : v. 11]

C’est pour cela qu’il est interdit que la personne recherche, via son Hadj ou sa ‘Oumra, à être vu ou estimé [par les gens], à se vanter et à s’enorgueillir ou à acquérir un intérêt terrestre. Allâh, en plus de cela, a promis le malheur à ceux qui recherchent le regard des gens :

﴿فَوَيْلٌ لِلْمُصَلِّينَ. الَّذِينَ هُمْ عَنْ صَلاَتِهِمْ سَاهُونَ. الَّذِينَ هُمْ يُرَاءُونَ. وَيَمْنَعُونَ الْمَاعُونَ [الماعون: 4-7].

Sens du verset :

Malheur, donc, à ceux qui prient. Tout en négligeant [et retardant] leur prière, ceux qui recherchent le regard des gens. Et qui refusent de prêter les ustensiles.﴿ [s. Al-Mâ‘oûne (l’Ustensile) : v. 4-7].

Et selon Aboû Hourayra رضي الله عنه, le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit dans un hadith Marfoû‘(19) : « Allâh تبارك وتعالى a dit : ‘‘Je suis Celui qui Se passe le plus d’associés. Quiconque accomplit une œuvre dans laquelle il M’attribue un associé, Je l’abandonnerai lui et son associationnisme.’’ »(20)

Et dans un autre hadith : « Quiconque se fait entendre, Allâh le fera entendre [le Jour de la Résurrection], et quiconque aime se montrer, Allâh le dévoilera [le Jour de la Résurrection]. »(21) C’est la raison pour laquelle il est obligatoire que toutes les œuvres par lesquelles on cherche la face d’Allâh doivent être vouées exclusivement à Allâh et de manière sincère. La sincérité est une condition de validité des œuvres et leurs acceptations, conformément à la parole du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم : « Allâh n’accepte des œuvres que celles qui sont sincères et Lui sont vouées exclusivement. »(22)

Remarque : Il est bon pour celui qu’Allâh a honoré en lui permettant de visiter Médine, la ville du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم(23) d’avoir l’intention, lors de son voyage, de visiter la Mosquée du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم. C’est, en effet, cela qui est légiféré par le Texte, comme le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم l’a, clairement, exprimé en disant : « On ne voyage qu’on direction de trois mosquées : la Mosquée Sacrée, la Mosquée du Messager صلَّى الله عليه وسلَّم et la Mosquée d’Al-Aqsâ. »(24) Quant au fait de voyager en ayant l’intention de visiter la tombe du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم, aucun hadith authentique n’existe à ce sujet, bien que les savants soient unanimes au fait qu’il est légiféré de visiter les tombes, de façon générale, afin de se rappeler la mort et l’au-delà, sans pour autant voyager vers elles ni plier bagages pour s’y rendre.

Le mieux est que le visiteur ait l’intention de visiter la Mosquée du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم et d’y accomplir la salat, car le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : «Une salat dans ma Mosquée est meilleure que mille salats dans une autre mosquée, à l’exception de la Mosquée Sacrée.»(25) Après, il lui est permis de visiter la tombe du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم et de le saluer, puis, de saluer Aboû Bakr et ‘Oumar رضي الله عنهما puis de s’en aller. Il peut, également, visiter le cimetière d’Al-Baqî‘, car le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم avait l’habitude de rendre visite aux morts [d’Al-Baqî‘] et de les saluer. Voilà, donc, ce qui est conforme à la Sounna et aux Âthâr.

Quelques recommandations pour le pèlerin
et le Mou‘tamir pendant son voyage

Ces recommandations sont liées à un ensemble d’œuvres religieuses et morales auxquelles la personne qui accomplit le Hadj ou la ‘Oumra s’y attachera, et ce, avant, lors et après son voyage, quand il retournera dans son pays. Elles sont classées selon l’ordre suivant :

Premièrement : Il incombe à celui qui effectue le Hadj ou la ‘Oumra d’apprendre les règles des rites et les œuvres du Hadj et de la ‘Oumra. Il doit connaître ce qui lui est obligatoire ou recommandé de faire et ce qui lui est obligatoire ou recommandé d’abandonner. Il doit adresser des questions aux savants de façon précise, car Allâh a dit :

﴿فَاسْأَلُوا أَهْلَ الذِّكْرِ إِنْ كُنْتُمْ لاَ تَعْلَمُونَ [الأنبياء: 7].

Sens du verset :

Demandez, donc, aux gens du rappel, si vous ne savez pas.﴿ [s. Al-Anbiyâ’ (les Prophètes) : v. 7].

Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : «N’auraient-il pas questionné s’ils ne savaient pas, car la guérison de l’ignorance se trouve dans la question [qu’on pose].»

Il doit, également, connaître les hérésies du Hadj, de la ‘Oumra et de la visite, afin de les éviter et d’y prendre garde. Qu’elles soient liées à l’Ihrâm et à la Talbiya, ou au Tawâf et au Sa‘y, ou à ‘Arafa et à Mouzdalifa, ou au jet [des petites pierres], à l’immolation, au rasage et au autres actes [qui ressemblent à cela]. Ibn Mas‘oûd رضي الله عنه a dit : « Suivez et n’innovez pas, car vous en avez été dispensés et attachez-vous à la religion originelle. »(26) Tout cela [est attendu de lui] afin que ses actes soient dénués des impuretés du Chirk et conformes à la Sounna authentique.

Deuxièmement : Qu’il s’efforce de se désengager de toute injustice commise envers des créatures, en demandant pardon aux personnes concernées, en rendant aux gens ce qui leur revient ou en demandant l’agrément de tous ceux dont il a négligé les droits de crainte qu’il perdra, au Jour de la Résurrection, tous [ses] bonnes œuvres. En effet, le voyage est une circonstance où l’on risque de périr. Il doit, donc, s’efforcer de payer ce qu’il peut de ses dettes s’il en a, car on ne peut être exempté des droits d’un individu qu’en lui rendant ce qui lui revient ou bien s’il renonce à son droit ou en accordant son pardon. Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم dit en effet : « Celui qui a fait preuve d’injustice envers son frère en son honneur ou en autre chose, qu’il lui demande pardon aujourd’hui, avant qu’il n’aura ni dinar [pièce d’or] ni dirham [pièce d’argent]. S’il a une bonne œuvre, on lui en prendra en proportion de son injustice et s’il n’a pas de bonnes œuvres, on le chargera avec les mauvaises œuvres de la personne qu’il avait opprimé. »(27)

Troisièmement : Il doit s’empresser de rédiger un testament dans lequel il mentionnera ce qui lui revient et ce qu’il doit. Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « Il est pas permis au musulman, qui a quelque chose à léguer [après sa mort], de passer deux nuits consécutives sans avoir écrit et gardé auprès de lui son testament. »(28) Si le testateur possède beaucoup de biens, qu’il en lègue une partie à ses proches qui n’héritent pas de lui ou aux pauvres et aux nécessiteux, en général, car le voyage est une partie du supplice et c’est une circonstance où l’on risque de périr. Le testament est indiqué par la parole d’Allâh تعالى :

﴿كُتِبَ عَلَيْكُمْ إِذَا حَضَرَ أَحَدَكُمُ الْمَوْتُ إِنْ تَرَكَ خَيْرًا الْوَصِيَّةُ لِلْوَالِدَيْنِ وَالأَقْرَبِينَ بِالْمَعْرُوفِ حَقًّا عَلَى الْمُتَّقِينَ [البقرة: 180].

Sens du verset :

Il vous a été prescrit, si la mort venait à l’un d’entre vous et qu’il laisse du bien derrière lui, de faire un testament en faveur des parents et des proches de façon convenable ; ceci est un devoir pour les pieux.﴿ [s. Al-Baqara (la Vache) : v. 180]

Cependant, le testament a pour condition que son auteur ne lègue pas plus du tiers de ses biens, et le mieux est qu’il lègue moins que cela encore, car le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit à Sa‘d ibn Abî Waqqâs رضي الله عنه : « Un tiers et c’est déjà beaucoup ; que tu laisses tes héritiers dans l’aisance vaut mieux que tu les laisses vivre aux dépenses des gens.»(29)

Quatrièmement : Il doit laisser à sa famille, à ses enfants et à ceux qui sont à sa charge de quoi couvrir à leurs besoins durant son absence due à son voyage. Il doit aussi les motiver à s’attacher à la religion et aux mœurs et au bon comportement et à accomplir la salat assidûment, car il est responsable de sa famille et de ses enfants et il est chargé de les préserver financièrement, religieusement et moralement et autres. Allâh dit en effet :

﴿وَعَلَى الْمَوْلُودِ لَهُ رِزْقُهُنَّ وَكِسْوَتُهُنَّ بِالْمَعْرُوفِ [البقرة: 233].

Sens du verset :

Et le père se doit de les nourrir et de les vêtir de façon convenable.﴿ [s. Al-baqara (la Vache) : v. 233] ;

Il dit également :

﴿الرِّجَالُ قَوَّامُونَ عَلَى النِّسَاءِ[النساء:34].

Sens du verset :

Les hommes ont autorités sur les femmes.﴿ [s. An-Nişâ' (les Femmes) : v. 34]

Et le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم dit : «L’homme est un berger dans sa famille et il est responsable de son troupeau.»(30)

Cinquièmement : Qu’il prépare ses provisions à partir de ce qui est bon et licite ; qu’il s’efforce de purifier ses provisions de ce qui est illicite ou soupçonné l’être, en s’abstenant de prendre les biens d’autrui illégitimement, cela, pour qu’il soit plus à même de voir ses invocations et ses œuvres acceptées. Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم dit en effet : «Ô, vous, les gens, certes, Allâh est Tayyib [Bon] et n’accepte que ce qui est bon ; et Allâh a ordonné aux croyants ce qu’Il a ordonné aux Messagers. Il a dit en effet :

﴿يَا أَيُّهَا الرُّسُلُ كُلُوا مِنَ الطَّيِّبَاتِ وَاعْمَلُوا صَالِحًا إِنِّي بِمَا تَعْمَلُونَ عَلِيمٌ [المؤمنون: 51].

Sens du verset :

Ô, Messagers, mangez de ce qui est bon et faites de bonnes œuvres, certes, Je sais ce que vous faites.﴿ [s. Al-Mou'minoûn (les Croyants) : v. 51] ; et Il a dit :

﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا كُلُوا مِنْ طَيِّبَاتِ مَا رَزَقْنَاكُمْ[البقرة: 172].

Sens du verset :

Ô, vous qui avez cru, mangez des bonnes choses que Nous vous avons octroyées.﴿ [s. Al-Baqara (la Vache) : v. 172]».

Puis, le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم mentionna « un homme qui faisait un long voyage, les cheveux ébouriffés et pleins de poussière ; qui lève ses mains au ciel en disant : ‘Ô Seigneur, ô Seigneur !’, alors que sa nourriture est illicite, sa boisson est illicite, ses vêtements sont illicites et il a été nourri de l’illicite. Comment, donc, pourrait-il être exaucé ? »(31)

Sixièmement : Qu’il se fortifie, pour son voyage, de la crainte d’Allâh, des bonnes œuvres et des comportements prescrits par la religion ; qu’il prenne ce qui satisfait ses besoins, évitant de desservir les gens par les demandes, car délaisser de demander aux gens fait partie de la piété. Allâh dit en effet :

﴿وَتَزَوَّدُوا فَإِنَّ خَيْرَ الزَّادِ التَّقْوَى وَاتَّقُونِ يَا أُولِي الْأَلْبَابِ [البقرة: 197].

Sens du verset :

Et prenez vos provisions et certes, la meilleure des provisions est la piété ; et craignez-Moi, ô, vous qui êtes dotés d’intelligence.﴿ [s. Al-Baqara (la Vache) : v. 197]

Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما dit : « Les gens du Yémen accomplissaient le Hadj sans prendre de provisions et disaient : ‘‘Nous sommes ceux qui font confiance à Allâh.’’, et une fois arrivés à La Mecque, ils sollicitaient les gens. Allâh révéla alors :

﴿وَتَزَوَّدُوا فَإِنَّ خَيْرَ الزَّادِ التَّقْوَى.

Sens du verset :

Et prenez vos provisions et certes, la meilleure des provisions est la piété. ﴿ »(32)

Septièmement : Qu’il s’efforce d’avoir une bonne compagnie, qui indique, motive et aide à faire le bien, car le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم dit : «Ne fréquente qu’un croyant et que nul autre qu’un pieux ne mange de ta nourriture.»(33). Il صلَّى الله عليه وسلَّم a dit également : « L’exemple de la bonne et de la mauvaise compagnie est comme la personne qui porte du musc et une autre qui souffle dans le soufflet de forge. Du premier tu recevras du parfum comme présent, tu achèteras leur parfum ou tu trouveras en lui une bonne odeur, or dans le cas du deuxième ou bien tu brûleras tes vêtements ou tu trouveras la mauvaise odeur.»(34)

Huitièmement : Cette compagnie doit être d’au-moins trois personnes, car le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « L’homme sur sa monture est un démon ; deux hommes à monture sont deux démons et trois sont un groupe de voyageurs. »(35)

Neuvièmement : Si la personne accomplissant le Hadj ou la ‘Oumra est une femme, elle ne doit voyager qu’avec son époux ou un Mahram(36), car le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « La femme ne peut voyager qu’en compagnie d’un Mahram et aucun homme n’entrera chez elle sans qu’elle soit avec un Mahram.» Un homme dit : « Ô Messager d’Allâh, je veux participer dans tel et tel bataillon et ma femme veut faire le Hadj. » Il dit : « Sors avec elle. »(37)

 

Voici quelques paroles de Dhikr (mention d’Allâh) et quelques invocations auxquelles celui qui accomplit le Hadj ou la ‘Oumra s’attachera (à réciter) lors de son voyage, dès son départ jusqu’à son retour :

– Il dira adieu à sa famille, à ses compagnons et à ses frères. Le résidant lui dira :

«أَسْتَوِدْعُ اللهَ دِينَكَ وَأَمَانَتَكَ وَخَوَاتِيمَ عَمَلِكَ، زَوَّدَكَ اللهُ التَّقْوَى، وَغَفَرَ ذَنْبَكَ، وَيَسَّرَ لَكَ الخَيْرَ حَيْثُمَا كُنْتَ».

«Astawdi‘ou Allâha Dînaka Wa-Amânataka Wa Khawâtîma ‘Amalik, Zawwadaka Allâhou At-Taqwâ, Wa Ghafara Dhanbak, Wa Yassara Laka Al-Khayra Haythoumâ Kount»

«Je confie à Allâh ta religion, ainsi que le dépôt dont tu es chargé et la fin de tes œuvres. Qu’Allâh te donne la piété comme provision ; qu’Il pardonne tes péchés et qu’Il te facilite le bien où que tu sois.».

Le pèlerin ou le Mou‘tamir voyageur répondra :

«أَسْتَوْدِعُكَ اللهَ الَّذِي لَا تَضِيعُ وَدَائِعُهُ».

«Astawdi‘ouka Allâha Alladhî Lâ Tadî‘ou Wadâ’i‘ouh»

«Je te confie à Allâh, chez Qui les dépôts ne se perdent pas.»

– En posant son pied sur la monture [ou le moyen de transport], il dira : «Au nom d’Allâh.» et une fois établi sur le dos de sa monture, il dira :

«الحَمْدُ للهِ سُبْحَانَ الَّذِي سَخَّرَ لَنَا هَذَا وَمَا كُنَّا لَهُ مُقْرِنِينَ وَإِنَّا إِلَى رَبِّنَا لَمُنْقَلِبُونَ، الحَمْدُ للهِ ـ ثَلَاثًا ـ، اللهُ أَكْبَرُ ـ ثَلَاثًا ـ، سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ إِنِّي ظَلَمْتُ نَفْسِي فَاغْفِرْ لِي، إِنَّهُ لَا يَغْفِرُ الذُّنُوبَ إِلَّا أَنْتَ».

«Al-Hamdou Lillâh, Soubhâna-l-Ladhî Sakhkhara Lanâ Hâdhâ Wa Mâ Kounnâ Lahoû Mouqrinîne, Wa Innâ Ilâ Rabbinâ Lamounqaliboûn, Al-Hamdou Lillâh (trois fois), Allâhou Akbar (trois fois), Soubhânak Allâhoumma Innî Dhalamtou Nafsî Fa-Ghfir Lî, Innahoû Lâ Yaghfirou Adh-Dhounoûba Illâ Ant»

«La louange est à Allâh ; pureté à Celui Qui nous a fait soumettre cela, alors que nous n’en avions pas la force et, certes, nous retournerons vers notre Seigneur ; la louange est à Allâh [trois fois] ; Allâh est Le plus grand [trois fois] ; pureté à Toi, ô, mon Dieu, certes, j’ai été injuste envers moi-même, alors, pardonne-moi, car personne d’autre que Toi ne pardonne les péchés»(38), et ceci est authentiquement rapporté d’après ‘Ali رضي الله عنه.

Et il peut ajouter ce qui s’est avéré authentique d’après le hadith marfoû‘ d’Ibn ‘Oumar رضي الله عنهما :

«اللَّهُمَّ إِنَّا نَسْأَلُكَ فِي سَفَرِنَا هَذَا البِرَّ وَالتَّقْوَى، وَمِنَ العَمَلِ مَا تَرْضَى، اللَّهُمَّ هَوِّنْ عَلَيْنَا سَفَرَنَا هَذَا وَاطْوِ عَنَّا بُعْدَهُ، اللَّهُمَّ أَنْتَ الصَّاحِبُ فِي السَّفَرِ وَالخَلِيفَةُ فِي الأَهْلِ، اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنْ وَعْثَاءِ السَّفَرِ وَكَآبَةِ المَنْظَرِ وَسُوءِ المُنْقَلَبِ فِي المَالِ وَالأَهْلِ».

« Allâhoumma Innâ Nas’alouka Fî Safarinâ Hâdhâ Al-Birra Wat-Taqwâ Wa-Mina-l-‘Amali Mâ Tardâ, Allâhoumma Hawwin ‘Alaynâ Safaranâ Hâdhâ Wa-Twi ‘Annâ Bou‘dah, Allâhoumma Anta As-Sâhibou Fis-Safar, Wa-l-Khalîfatou Fi-l-Ahl, Allâhoumma Innî A‘oûdhou Bika Min Wa‘thâ’i As-Safar, Wa Ka’âbati-l-Mandhar, Wa Soû’i-l-Mounqalabi Fi-l-Mâli Wa-l-Ahl »

« Ô Allâh, nous Te demandons, dans ce voyage qui est le notre, la bonté et la piété et ce que Tu agrées comme œuvres. Ô, Allâh, allège-nous ce voyage qui est le notre et raccourcis sa distance. Ô, Allâh, Tu es le Compagnon lors du voyage et le Remplaçant dans la famille. Ô, Allâh, protège-nous de la difficulté du voyage, d’une vision affligeante et d’un mauvais retour dans les biens et la famille. »(39)

– En passant par un endroit surélevé, il dira le Takbîr :

«اللهُ أَكْبَرُ».

«Allâhou Akbar.»

«Allâh est le plus grand.»

Et, en descendant, il dira le Tasbîh :

«سُبْحَانَ اللهِ».

«Soubhâna-l-lâh.»

«Gloire et pureté à Allâh.»

Sur un endroit surélevé donnant sur une vallée, il dira le Takbîr et le Tahlîl :

«لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللهُ».

«Lâ Ilâha Illa Allâh.»

«Il n’est de divinité méritant d’être adorée qu’Allâh.»

En faisant halte dans un endroit, il dira :

«أَعُوذُ بِكَلِمَاتِ اللهِ التَّامَّاتِ مِنْ شَرِّ مَا خَلَقَ».

«A‘oûdhou Bi Kalimâti-Llâhi At-Tâmmâti Min Charri Mâ Khalaq.»

«Je cherche refuge auprès des paroles parfaites d’Allâh contre le mal de ce qu’Il a créé.», conformément au hadith de Djâbir ibn ‘Abdillâh رضي الله عنهما qui a dit : « Lorsque nous montions, nous prononcions le Takbîr et en descendant, nous prononcions le Tasbîh »(40), et au hadith de Khawla bint Hakîm رضي الله عنها qui a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allâh صلَّى الله عليه وسلَّم dire : “Quiconque fait halte à un endroit, puis dit : ‘Je cherche refuge auprès des paroles parfaites d’Allâh contre le mal de ce qu’Il a créé.’, rien ne lui nuira jusqu’à ce qu’il quitte cet endroit.”»(41)

Il peut invoquer Allâh lors de son voyage et Lui demander du bien de la vie présente et de l’au-delà, car l’invocation lors du voyage est exaucée. Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم dit en effet : «Trois invocations sont exaucées sans aucun doute : l’invocation de celui qui a subi une injustice, l’invocation du voyageur et l’invocation du père contre son fils.»(42)

Qu’il s’efforce de respecter les conduites, les formules de Dhikr et les invocations concernant le Hadj et la ‘Oumra. Une fois qu’il aura terminé son Hadj ou sa ‘Oumra, qu’il a accompli la visite et a réglé ses affaires, qu’il s’empresse de retourner à sa famille et dans son pays, car le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « Le voyage est une partie du supplice, du fait qu’il empêche l’un de vous de manger, de boire et de dormir. Alors dès qu’on règle les affaires, il faut se dépêcher de retourner chez soi. »(43)

Sur le chemin du retour, il prononcera le Takbîr à chaque endroit surélevé trois fois, puis il dira :

«لَا إِلَهَ إِلَّا اللهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ المُلْكُ وَلَهُ الحَمْدُ، وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ، آيِبُونَ تَائِبُونَ عَابِدُونَ سَاجِدُونَ لِرَبِّنَا حَامِدُونَ، صَدَقَ اللهُ وَعْدَهُ، وَنَصَرَ عَبْدَهُ، وَهَزَمَ الأَحْزَابَ وَحْدَه».

«Lâ Ilâha Illa-Llâhou Wahdahou Lâ Charîka Lah, Lahou-l-Moulkou Wa Lahou-l-Hamd, Wa Houwa ‘Alâ Koulli Chay’ine Qadîr, Âyiboûna Tâ’iboûna Sâjidoûna Li-Rabbinâ Hâmidoûne, Sadaqa-Llâhou Wa‘dah, Wa Nasara ‘Abdah, Wa Hazama-L-Ahzâba Wahdah.».

«Il n’est de divinité [digne d’adoration] qu’Allâh, Seul et sans associé, à Lui appartient la royauté et la louange et Il a la puissance sur toute chose. Nous revenons vers notre Seigneur ; nous nous repentons à Lui ; nous L’adorons ; nous nous prosternons à Lui et Le louons. Allâh a tenu Sa promesse, a secouru Son serviteur et a défait les coalisés à Lui Seul

Quand il s’apprêtera à entrer dans sa ville, il dira :

«آيِبُونَ تَائِبُونَ عَابِدُونَ لِرَبِّنَا حَامِدُونَ».

«Âyiboûna Tâ'iboûna ‘Âbidoûna Li-Rabbinâ Hâmidoûn»

«Nous revenons vers notre Seigneur ; nous nous repentons à Lui ; nous L’adorons et Le louons.» Il ne cessera de le répéter jusqu’à ce qu’il entre dans sa ville.

Dixièmement : Qu’il contacte sa famille par les différents moyens de communication, afin de ne pas les surprendre en arrivant. Djâbir رضي الله عنه rapporte un hadith [du genre] marfoû‘, dans lequel le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « Lorsque l’un d’entre vous s’absente longtemps, qu’il n’entre pas chez sa famille de nuit. »(44) C’est-à-dire qu’en revenant de voyage ou autre, il rentre chez sa famille de manière imprévue, alors qu’il se pourrait qu’il trouve sa femme négligente dans son hygiène et sa parure, deux choses demandées de la femme, situation qui pourrait engendrer la répulsion entre eux(45).

Voilà ce que nous avons pu réunir dans ce conseil directif, en espérant que la personne accomplissant le Hadj ou la ‘Oumra empruntera la voie des pieux et marchera sur le chemin des gens de bien en se débarrassant des mauvaises actions et des actes de désobéissance par le repentir, la demande du pardon et en rendant aux autres leurs droits, en prenant comme provision la piété et les bonnes œuvres, et fortifier son âme [pour s’éloigner] du mal et des passions en s’attachant aux jugements de la religion et en se parant de ses bonnes mœurs et de ses bonnes morales tout en lui demandant des comptes, craignant [le jour] où il se lèvera devant son Seigneur. Allâh le Très Haut – a dit :

﴿وَأَمَّا مَنْ خَافَ مَقَامَ رَبِّهِ وَنَهَى النَّفْسَ عَنِ الْهَوَى. فَإِنَّ الْجَنَّةَ هِيَ الْمَأْوَى [النازعات: 40-41].

Sens du verset :

Et pour celui qui aura redouté de comparaître devant son Seigneur, et préservé son âme de la passion. Le Paradis sera alors son refuge.﴿ [s. An-Nâzi‘ât (les Anges qui arrachent les âmes) : v. 40-41]

 

Le savoir parfait appartient à Allâh عزَّ وجلَّ, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit Loué et que paix et salut soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Rétribution.

 

Alger, le 20 de Ramadân 1430 H,
correspondant au 10 septembre 2009 G.



(1) Rapporté par Al-Boukhârî (8) et par Mouslim (16), d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Oumar رضي الله عنهما.

(2) C’est une obligation que doit assumer chaque musulman en personne. (NDT).

(3) C’est une obligation que doit assumer un groupe de musulmans, sinon le tort revient sur tous les musulmans. (NDT).

(4) Rapporté par : Aboû Dâwoûd (1721), Al-Hâkim dans Al-Moustadrak (3155), Ahmad dans le Mousnad (2642) et Al-Bayhaqî dans As-Sounane Al-Koubrâ (8879), d’après Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما ; jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans Irwâ’ Al-Ghalîl (4/149).

(5) Rapporté par Ibn Hibbân dans son Sahîh (3703) et Al-Bayhaqî dans As-Sounane Al-Koubrâ (10172), d’après Aboû Sa‘îd Al-Khoudrî رضي الله عنه ; jugé sahîh par Al-Albânî dans As-Silsila As-Sahîha (1662).

(6) Rapporté par : Al-Boukhârî (1521) et par Mouslim (1350), d’après Aboû Hourayra رضي الله عنه.

(7) Rapporté par Mouslim (1348), d’après ‘Â’icha رضي الله عنها.

(8) Rapporté par : Al-Boukhârî (1773) et Mouslim (1349), d’après Aboû Hourayra رضي الله عنه.

(9) Rapporté par : Al-Boukhârî (26) et Mouslim (83), d’après Aboû Hourayra رضي الله عنه.

(10) Rapporté par Al-Boukhârî (1520), d’après ‘Â’icha رضي الله عنها.

(11) Rapporté par Mouslim (1337), d’après Aboû Hourayra رضي الله عنه.

(12) Remarque : La porte du repentir s’interrompe dans trois cas :

– Le 1er cas : lorsque le châtiment descend, conformément à la Parole d’Allâh :

﴿فَلَمَّا رَأَوْا بَأْسَنَا قَالُوا آمَنَّا بِاللهِ وَحْدَهُ وَكَفَرْنَا بِمَا كُنَّا بِهِ مُشْرِكِينَ. فَلَمْ يَكُ يَنْفَعُهُمْ إِيمَانُهُمْ لَمَّا رَأَوْا بَأْسَنَا سُنَّتَ اللهِ الَّتِي قَدْ خَلَتْ فِي عِبَادِهِ وَخَسِرَ هُنَالِكَ الْكَافِرُونَ [غافر: 84-85].

Puis, quand ils virent Notre rigueur ils dirent : «Nous croyons en Allâh seul, et nous renions ce que nous Lui donnions comme associés.» Mai leur croyance, au moment où ils eurent constaté Notre rigueur, ne leur profita point ; Telle est la règle d’Allâh envers Ses serviteurs dans le passé.﴿ [s. Ghâfir (le Pardonneur) : v. 84-85]

– Le 2ème cas : lorsque l’âme remonte à la gorge [du moribond], conformément au dire du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم : «Certes, Allâh accepte le repentir du serviteur s’il n’a pas encore gargouillé.» [Rapporté par At-Tirmidhî (3537) d’après le hadith d’Ibn ‘Oumar, et Ibn Mâdjah (4253) d’après le hadith de ‘Abd Allâh ibn ‘Amr, et ce hadith est jugé haşane (bon) par Al-Albânî dans Sahîh Sounane At-Tirmidhî (3/453) et dans Sahîh Sounane Ibn Mâdjah (3/383)]

– Le 3ème cas : lorsque le soleil se lève de son couchant, conformément à la Parole d’Allâh :

﴿هَلْ يَنْظُرُونَ إِلاَّ أَنْ تَأْتِيَهُمُ الْمَلاَئِكَةُ أَوْ يَأْتِيَ رَبُّكَ أَوْ يَأْتِيَ بَعْضُ آيَاتِ رَبِّكَ يَوْمَ يَأْتِي بَعْضُ آيَاتِ رَبِّكَ لاَ يَنْفَعُ نَفْسًا إِيمَانُهَا لَمْ تَكُنْ آمَنَتْ مِنْ قَبْلُ أَوْ كَسَبَتْ فِي إِيمَانِهَا خَيْرًا [الأنعام: 158].

Qu’attendent-ils ? Que les Anges leur viennent ? Que vienne ton Seigneur ? Ou que viennent certains signes de ton Seigneur ? Le jour où certains signes de ton Seigneur viendront, la foi en Lui ne profitera à aucune âme qui n’avait pas cru auparavant ou qui n’avait acquis aucun mérite de sa croyance.﴿ [s. Al-An‘âm (les Bestiaux) : v. 158]

Et aussi pour son dire : «La Hidjra (l’émigration) ne s’interrompe que lorsque s’interrompe le repentir, et le repentir ne s’interrompe que lorsque le soleil se lèvera de son couchant.» [Rapporté par Aboû Dâwoûd (2479), d’après Mou‘âwiya ibn Abî Soufyân, et ce hadith est jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans Sahîh Sounane Abî Dâwoûd (2/90).]

(13) Hadith déjà annoté, Cf. : note 6.

(14) Rapporté par : Aboû Dâwoûd (4607), At-Tirmidhî (2676) et Ibn Mâdjah (42) d’après le hadith d’Al ‘Irbâd ibn Sâriya رضي الله عنه. Ce hadith est jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans As-Silsila As-Sahîha (2735).

(15) Rapporté par Al-Boukhârî (2697) et par Mouslim (1718), d’après le hadith de ‘Â’icha رضي الله عنها.

(16) Rapporté par Mouslim (1718), d’après le hadith de ‘Â’icha رضي الله عنها.

(17) Charh As-Sounna d’Al-Barbahârî (23).

(18) Rapporté par At-Tabarânî dans Al-Awsât (4360) et par Al-Moudhirî dans At-Targhîb Wat-Tarhîb et l’a jugé haşane (bon) (1/86) et ce hadith est jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans As-Silsila As-Sahîha (4/154).

(19) Propos, acte ou approbation attribué au Prophète صلّى الله عليه وآله وسلّم.

(20) Rapporté par Mouslim (2985).

(21) Rapporté par : Al-Boukhârî (6499) et Mouslim (2987), d’après Djoundoub Al-‘Alaqî رضي الله عنه.

(22) Rapporté par An-Naşâ’î (3140), d’après Abî Oumâmah Al-Bâhilî رضي الله عنه, ce hadith est jugé haşane (bon) par Al-Albânî dans As-Silsila As-Sahîha (52).

(23) Il convient de signaler que la visite de la Mosquée du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم n’est ni le Hadj ni une partie du Hadj, comme beaucoup des gens du commun le croient chez nous ; ce n’est qu’une action indépendante, recommandée et qui n’a aucun lien avec les œuvres du Hadj, alors faites attention.

(24) Rapporté par Al-Boukhârî (1189) et par Mouslim (1397), d’après Aboû Hourayra رضي الله عنه.

(25) Rapporté par Al-Boukhârî (1190) et par Mouslim (1394), d’après Aboû Hourayra رضي الله عنه.

(26) Rapporté par Ad-Dârimî (1/80) et autres ; jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî. Cf. : As-Silsila Ad-Da‘îfa (2/19).

(27) Rapporté par Al-Boukhârî (2449), d’après Aboû Hourayra رضي الله عنه.

(28) Rapporté par : Al-Boukhârî (2738) et Mouslim (1627), d’après Ibn ‘Oumar رضي الله عنهما.

(29) Rapporté par : Al-Boukhârî (1295) et Mouslim (1628), d’après Sa‘d ibn Abî Waqqâs رضي الله عنه.

(30) Rapporté par : Al-Boukhîrî (893) et Mouslim (1829), d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Oumar رضي الله عنهما.

(31) Rapporté par Mouslim (1015), d’après Aboû Hourayra رضي الله عنه.

(32) Rapporté par Al-Boukhârî (1523), d’après Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما.

(33) Rapporté par : Aboû Dâwoûd (4832) et At-Tirmidhî (2395), d’après Aboû Sa‘îd Al-Khoudrî رضي الله عنه ; jugé sahîh par Al-Albânî dans Sahîh Al-Djâmi‘ (7341).

(34) Rapporté par : Al-Boukhârî (5534) et Mouslim (2628), d’après Aboû Mouşâ Al-Ach‘arî رضي الله عنه.

(35) Rapporté par : Ahmad (6748) ; Aboû Dâwoûd (2607) et At-Tirmidhî (1674) d’après ‘Amr ibn Chou‘ayb, d’après son père, d’après son grand-père رضي الله عنه ; jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans As-Silsila As-Sahîha (64).

(36) Tout homme qu’il lui est absolument interdit d’épouser, à cause d'un lien de sang ou d'une alliance ou d'un allaitement. (NDT).

(37) Rapporté par Al-Boukhârî (1862) d’après Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما et par Mouslim (1338) d’après Ibn ‘Oumar رضي الله عنهما.

(38) Rapporté par Aboû Dâwoûd (2602) d’après ‘Ali ibn Abî Tâlib رضي الله عنه ; jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans Sahîh Sounane Abî Dâwoûd (2/493).

(39) Rapporté par Mouslim (1342).

(40) Rapporté par Al-Boukhârî (2993).

(41) Rapporté par Mouslim (2708).

(42) Rapporté par : Ahmad (7510), Aboû Dâwoûd (1536) et At-Tirmidhî (3448), d’après Aboû Hourayra رضي الله عنه ; jugé sahîh (authentique) par Al-Albânî dans As-Silsila As-Sahîha (596).

(43) Rapporté par : Al-Boukhârî (1804) et Mouslim (1927), d’après Aboû Hourayra رضي الله عنه.

(44) Rapporté par Al-Boukhârî (5244).

(45) Cf. : Fath Al-Bârî d’Ibn Hadjar (9/340).