Le jugement relatif au fait de se marier avec un chrétien dont on espère sa conversion à l’Islam | Le site officiel du Cheikh Mohamed Ali FERKOUS
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Mardi 15 Rabî` Eth-Thânî 1442 H - 01 décembre 2020 G

Fatwa n° 431
Catégorie : Fatwas relatives à la famille – L'acte de mariage

Le jugement relatif au fait de se marier avec un chrétien dont on espère sa conversion à l’Islam

Question :
Je suis une jeune femme algérienne et musulmane, j’ai fait connaissance avec un jeune français chrétien, d’un bon comportement et d’une bonne conduite, et qui veut se marier avec moi ; or, à cause de la religion, j’ai eu peur d’Allâh ; sachant qu’il est enclin à embrasser l’Islam ; lorsqu’il [ce jeune français] devient musulman, ai-je le droit de me marier avec lui ?

Réponse :
Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh a envoyé comme miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.
Cela dit :

Sache – qu’Allâh t’assiste à tout bien – que le mariage d’une femme musulmane avec un mécréant est unanimement jugé illicite[1], car cela porte atteinte à l’islam et le rend abaissé, ce qui est interdit par la religion. Comme il est interdit de nouer une relation d’amitié et d’amour avec un homme étranger musulman, a fortiori le mécréant, car cela comporte une mixité qui conduit à la tentation et à la turpitude. Exception faite pour le mécréant converti à l’islam par conviction et croyance, et dont la soumission [à la religion] s’est bonnement accomplie, en pratiquant ouvertement les œuvres pieuses dans sa conduite. Il lui est permis, donc, de se présenter [à ce moment-là] pour demander ta main auprès de ton tuteur. Il incombe à ce dernier de choisir pour toi un homme doté de capacité. Tout cela devrait se réaliser convenablement dans son intention sincère, intercédant ainsi pour qu’il soit constant dans la pratique des œuvres pieuses après un moment de sa conversion à l’islam.

Enfin, sache que la bonté et l’exemplarité résident chez les gens de foi sincère, et rien de bon [ne pourra venir] d’un individu qui ne revendique pas l’islam comme religion, quelle que soit l’éminence de son bon comportement, et même si tu es enchantée par sa lignée et ses biens, Allâh – qu’Il soit Très-Haut – a dit :

﴿وَلَعَبۡدٞ مُّؤۡمِنٌ خَيۡرٞ مِّن مُّشۡرِكٖ وَلَوۡ أَعۡجَبَكُمۡۗ أُوْلَٰٓئِكَ يَدۡعُونَ إِلَى ٱلنَّارِ[البقرة: 221]

Et certes, un esclave croyant vaut mieux qu’un associateur même s’il vous enchante﴿ [s. Al-Baqara (la Vache) : v. 221] c'est-à-dire : cet associateur – même si son comportement, sa conduite et ses biens vous enchantent – appelle à pratiquer les œuvres qui mènent au Feu par sa fréquentation et compagnie,

﴿وَٱللَّهُ يَدۡعُوٓاْ إِلَى ٱلۡجَنَّةِ وَٱلۡمَغۡفِرَةِ بِإِذۡنِهِۦ[البقرة: 221]

Tandis qu’Allâh invite, de par Sa Grâce, au Paradis et au pardon﴿ [s. Al-Baqara (la Vache) : v. 221]

Le savoir parfait appartient à Allâh, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

Alger, le 26 de Djoumâdâ Ath-Thâniya 1426 H,
correspondant au 1 aout 2005 G.

 


(1) Al-Qourtoubî a dit dans son « Tafsîr » (3/72) : « La communauté musulmane est unanime pour dire qu’il est illicite au polythéiste dans tous les cas de figure d’avoir des rapports conjugaux avec une croyante, car cela porte atteinte à l’honneur de l’islam. »